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Marché du colza Les cours devraient remonter portés par les fondamentaux de l'huile de palme

Corteva

Coronavirus, bras de fer sino-américain, tensions entre l’Inde et la Malaisie, peste porcine africaine… des événements récents ont entraîné les cours du colza à la baisse, dans la foulée de ceux de l’huile de palme. Les spécialistes estiment cependant qu’ils devraient remonter. Le continent africain voit aussi sa demande en huile de palme augmenter.

Champ de colzaLes cours du colza devraient bénéficier de l’évolution des fondamentaux de l’huile de palme : baisse de la production mondiale et hausse de la consommation. (©Corteva)

Depuis le printemps dernier, les cours du colza ont enregistré une belle progression dans la foulée de ceux de l’huile de palme. Entre le 4 mars 2019 et le 10 janvier 2020, le prix du colza Fob Moselle est ainsi passé de 356 €/t à 422 €/t. Mais depuis, la tendance est plutôt à la baisse et le cours du colza Fob Moselle est redescendu à 394 €/t le 5 février.

Un recul récent des cours

Ces dernières semaines, les relations entre l’Inde et la Malaisie, deuxième producteur mondial d’huile de palme derrière l’Indonésie, se sont compliquées. A la suite de critiques du gouvernement malaisien à l’égard de l’Inde, notamment de son comportement dans la région du Cachemire et de sa nouvelle loi sur la citoyenneté, les autorités indiennes ont demandé à leurs raffineurs et importateurs d’éviter l’origine malaisienne. Le bras de fer entre les Etats-Unis et la Chine, et la peste porcine africaine qui sévit chez elle, maintiennent également les prix du soja sous pression. Et ces derniers jours, la propagation du coronavirus qui fait craindre une forte baisse de la consommation, en particulier en Chine, a provoqué une nouvelle chute du prix de l’huile de palme.

Des fondamentaux haussiers

Malgré cela, les cours du colza et de l’huile de palme devraient repartir à la hausse, car les fondamentaux restent haussiers. C’est en tous cas, l’avis de Thomas Mielke, président d’Oil World, qui s’exprimait le 31 janvier au Paris Grain Day. La production mondiale d’huile de palme est en baisse à 76,7 Mt contre 78 Mt l’année précédente, alors qu’elle avait progressé de 33 Mt au cours des dix dernières années. Les stocks seraient également en recul de 3 Mt par rapport à il y a un an. D’après lui, la consommation mondiale, tirée par le biodiesel, notamment en Indonésie et au Brésil, continue à augmenter, et dépasse désormais la production. Et celle-ci devrait reculer de manière durable car un certain nombre de plantations sont en fin de production et les replantations manquent. L’ensemble de ces éléments devrait se traduire par une remontée des cours de l’huile de palme assez rapidement, et avec eux, de ceux du colza. D’autant que la production mondiale de colza et de canola enregistre elle-aussi une baisse, à 61 Mt.

La Malaisie se tourne vers l’Afrique

La Malaisie se tourne également vers le continent africain pour diversifier les débouchés de son huile après l’annonce du projet de l’Union européenne d’interdire l’utilisation d’huile de palme pour la production de biocarburants d’ici à 2030. Le gouvernement malaisien estime qu’une dizaine de pays africains pourraient consommer davantage d’huile de palme. Son vice-ministre des industries primaires, Datuk Seri Iskandar Mohd Akin, estime la progression de la consommation en Afrique « encourageante ». En début d’année 2019, par rapport à la même période de l'année précédente, les exportations d'huile de palme de la Malaisie avaient déjà augmenté de 75 % vers l'Afrique du Sud, de 93,5 % vers le Mozambique et de 125 %, vers le Nigeria. La Malaisie a aussi organisé des missions commerciales dans plusieurs pays africains, notamment en Egypte et au Maroc. Des perspectives, là encore, plutôt favorables.


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