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Sclérotinia du colza Où en sommes-nous des résistances aux fongicides ?

Corteva

Depuis une dizaine d’années, des souches de sclérotinia résistantes aux fongicides de la famille des SDHI sont apparues en France. Depuis, la résistance a évolué pour se stabiliser ces deux-trois dernières années. Il est indispensable d’en tenir compte pour maintenir l’efficacité de la protection et éviter que le phénomène ne s’amplifie.

Sclérotinia sur colza.Sclérotinia sur colza. (©Corteva)

« La résistance du sclérotinia aux SDHI est actuellement stable sur colza en France », constate Annette Penaud, chargée d’études en phytopathologie à Terres Inovia. Depuis 2016, elle affecte près d’une vingtaine de départements, en particulier dans le Centre-Val de Loire, le Cher, l’Indre-et-Loire, l’Eure-et-Loir et la Sarthe, en Normandie, l’Orne, l’Eure et la Seine-Maritime, mais aussi les Yvelines et la Seine-et-Marne, la Picardie ou encore la Marne et l’Aube. Les cas de perte d’efficacité restent cependant peu fréquents.

Comme le soulignent l’Inrae, l’Anses et Terres Inovia dans leur dernière note commune concernant la maladie, « la gestion actuelle du mode d’action SDHI et l’ensemble des recommandations semblent porter leurs fruits. L’analyse de nouvelles parcelles et la fréquence d’identification de la résistance paraît stable. Néanmoins, la vigilance reste de mise pour continuer à limiter l’évolution des résistances. »

Ne pas employer de SDHI seul

Terres Inovia recommande « de ne pas employer de SDHI seul contre le sclérotinia et de limiter l’emploi des SDHI sur colza, à une seule application par campagne. Pour une bonne gestion de la résistance, le produit auquel le SDHI est associé doit être aussi efficace que lui, vis-à-vis du champignon. »

Une capacité de survie importante

« Depuis trois ans, nous sommes très peu concernés en France par le sclérotinia », remarque Annette Penaud. Les applications de fongicides ont donc été moins fréquentes. La présence de souches résistantes pourrait-elle diminuer ? « Il faut rester très vigilant car les sclérotes ont une capacité de survie importante, jusqu’à une dizaine d’années, répond la spécialiste en phytopathologie. Et même si le champignon n’a pas l’opportunité de se développer sur le colza une ou plusieurs années de suite, il s’agit d’un champignon très polyphage qui peut effectuer son cycle sur d’autres espèces, notamment des mauvaises herbes. »

Elle évoque aussi les résistances à la famille des Carbamate benzimidazole observées il y a vingt-cinq ans. « Les années qui ont suivi n’ont pas été favorables au sclérotinia, indique-t-elle. Malgré cela, quand au début des années 2000, les conditions ont été plus propices à la maladie, les souches résistantes étaient toujours bien présentes. »

Pas de double résistance jusqu’à présent

Le risque de double résistances est aussi regardé de près. « Jusqu’à présent, aucune résistance du sclérotinia aux triazoles (mode d’action IDM) ou aux strobilurines (mode d’action QoI) n’a été observée mais il faut rester vigilant, car des résistances à ces modes d’action ont été recensées sur d’autres cultures, avec d’autres champignons », prévient la responsable de Terres Inovia. Dans les régions très concernées par la résistance aux SDHI et en particulier les parcelles où elle est avérée, il est ainsi recommandé d’éviter d’utiliser les deux modes d’action SDHI et strobilurine dans la même parcelle car l’efficacité de la lutte reposerait essentiellement sur le mode d’action de la strobilurine. Le principe est d’assurer la durabilité de ce mode d’action. Les solutions à base de triazoles sont alors à privilégier. « Une nouvelle famille chimique est en attente d’homologation, mais n’est pas encore disponible cette année », annonce Annette Penaud.

Tous les SDHI concernés

« Les souches de sclérotinia résistantes analysées jusqu’à présent possèdent toutes une mutation unique qui affecte les sous-unités B, C ou D de la succinate déshydrogénase (SDH), molécule cible des SDHI, soulignent les instituts dans leur note commune de gestion de la résistance. Douze mutations sont actuellement identifiées dont deux principales, D-H132R et C-H146R, qui représentent 80 % des génotypes résistants isolés depuis 2011. » Ils constatent que ces mutations affectent tous les SDHI avec un facteur de résistance fort. Des travaux sont en cours sur la nouvelle molécule SDHI de Belchim Crop Protection. « Ainsi, tous les SDHI sont susceptibles de sélectionner la résistance, indiquent-ils. Même si les facteurs de résistance associés et l'efficacité en pratique, diffèrent selon les substances actives. »

Cette communication mentionne des produits et doses qui peuvent ne pas être adaptés à votre parcelle, nous vous donc invitons à vous orienter vers votre conseiller.

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