; Bilan des semis de colza en France en 2021 et qualité de levée
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Colza 2021-2022 Surfaces en hausse mais qualités d’implantations assez hétérogènes

Corteva

Avec 1,2 million d’hectares ensemencés, les surfaces de colza sont reparties à la hausse. Les conditions climatiques, parfois très pluvieuses, ont provoqué des difficultés d’implantation pour arriver début novembre avec des stades très différents entre parcelles et même au sein des parcelles et ce, dans toutes les régions.

Levée des colzas à l'automne.La levée des colzas cet automne est encore très hétérogène. (©Corteva)

Après une baisse de 11,7 % en 2020-2021, les superficies implantées en colza ont augmenté cette année de 20 % selon l’Union française des semenciers, gagnant 200 000 ha pour atteindre 1,2 million d’hectares. Il faut dire que les conditions climatiques de l’été ont été un peu plus favorables aux semis et que les cours du colza sont beaucoup plus rémunérateurs que lors des deux dernières campagnes.

Des difficultés d’implantation

Cependant, si l’été plus arrosé que d’habitude a été plus propice à l’implantation du colza que ces dernières années, les pluies incessantes de l’été, dans certaines régions, puis le sec qui a perduré plusieurs semaines, fin août début septembre, ont tout de même provoqué des retards de semis et des difficultés d’implantation un peu partout en France. Ainsi, fin octobre début novembre, les colzas d’un même secteur peuvent se situer à des stades très différents, et on observe aussi des écarts dans l’avancée des stades au sein d’une même parcelle, et des niveaux de peuplement parfois faibles.

Des semis échelonnés

En Normandie et Île-de-France, une enquête réalisée par Terres Inovia, en partenariat avec les chambres d’agriculture et distributeurs, montrent que deux événements majeurs ont pu contrecarrer les bonnes implantations de colza à la fin de l’été 2021 : des récoltes tardives de blé qui ont repoussé parfois assez tard le calendrier des semis et un retour du sec entre le 20 août et le 14 septembre, après un été très pluvieux. Résultat : des dates de semis étalées, et deux mois plus tard, une forte disparité de stades entre parcelles, et même au sein de la parcelle. La pression altises a aussi été globalement plus élevée en 2021 que lors des trois dernières campagnes.

Les Hauts-de-France n’ont pas échappé au choix difficile de la date de semis et à l’étalement des stades entre parcelles. Fin octobre, les stades de culture s’échelonnaient toujours entre des colzas à 5 feuilles, et d’autres au stade rosette.

Dans le nord-est, des conditions plus favorables en 2021

Dans le nord-est, les préparations de sol n’ont pas été faciles, mais dans la majorité des cas, l’implantation des colzas est correcte. Dans certaines situations, on retrouve cependant des levées échelonnées, des différences de stade et parfois des hétérogénéités au sein des parcelles, notamment dans les zones tassées par les passages d’engins. Terres Inovia estime que l’avenir des petits colzas est encore incertain alors que ceux qui ont accumulé des biomasses importantes pourront faire face plus facilement aux attaques d’insectes et auront besoin de moins d’azote au printemps.

Des biomasses très variables

En Bourgogne, les stades fin octobre sont aussi très étalés, de 4 feuilles à rosette selon les parcelles et les dates de levée. Les relevés de biomasses aériennes, réalisés début novembre sur l’ensemble de la région et présentés dans le BSV régional, montrent également une grande hétérogénéité d’une parcelle à une autre puisqu’elles s’échelonnent entre 290 g/m2 et 1,3 kg/m2. Les parcelles à plus faibles biomasses sont bien sûr davantage exposées aux risques liés aux insectes. Des élongations ont été signalées dans les parcelles les plus avancées, mais a priori à des niveaux encore acceptables au regard du risque de gel.

Dans le Centre Val de Loire et en Poitou-Charentes, la situation des colzas est très variée avec, comme le souligne Terres Inovia, le meilleur qui côtoie le pire à quelques centaines de mètres de distance, en fonction de la date des pluies et des quantités d’eau. La préparation de sol et le type de semoir utilisé ont également eu leur importance.

Moitié sud, des stades très étalés

Dans le sud-ouest, le développement végétatif du colza semble globalement satisfaisant même si les conditions climatiques de l’année ont aussi généré des fortes disparités en termes de croissance entre parcelles. Début novembre, 9 % des parcelles du réseau BSV étaient encore au stade 4 feuilles, alors qu’un tiers d’entre elles étaient au stade 10 feuilles et plus.  Les producteurs ont été obligés d’être plus vigilants dans le suivi du risque insectes et dans le raisonnement de la gestion du désherbage. 

En Auvergne, début novembre, les stades des cultures suivies dans le cadre du BSV s’échelonnaient entre 5 feuilles et plus de 10 feuilles. En Rhône Alpes, les techniciens ont aussi relevé des irrégularités de levées, plus ou moins importantes selon les situations.

Selon un sondage publié sur ce blog, en septembre, un tiers des répondants a semé son colza sur les trois premières semaines d’août, un peu moins qu’il y a deux ans. Entre sécheresse et excès d’eau, les conditions de semis restent une vraie difficulté pour les colzaïculteurs.

Nota bene : Nous vous rappelons que seul un conseiller indépendant est autorisé à vous apporter tout conseil adapté à votre parcelle.

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