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Plantes compagnes Associer le colza pour réduire les intrants

Corteva

L’idée d’associer, au semis, le colza avec d’autres cultures fait de plus en plus d’adeptes en France. Les agriculteurs cherchent surtout, avec cette pratique, à améliorer l’implantation de leur culture et à réduire la pression des insectes, voire des mauvaises herbes.

Parcelle de colza associé à des plantes compagnes après l'hiver.Après l'hiver, le gel ayant fait son office, le colza peut continuer seul jusqu'à la récolte. (©Benoît Guilbert)

L’association au semis, du colza avec d’autres plantes, comme des légumineuses, a d’abord été testée dans les régions aux sols superficiels et les bassins historiques de production de colza. La pratique a ensuite intéressé des agriculteurs d’autres régions pour être aujourd’hui présente un peu partout en France. Pour Terres Inovia, les premiers à avoir expérimenté les plantes compagnes avec le colza cherchaient à améliorer la fertilité de leurs sols avec des espèces fixatrices d’azote. Ils ont rapidement découvert d’autres avantages : un meilleur comportement du colza à l’automne et au printemps, un effet sur les attaques d’altises ou encore une diminution de la concurrence des adventices.

Le principe est donc de semer le colza avec d’autres espèces, en particulier des légumineuses qui vont capter l’azote de l’air grâce aux nodosités présentes sur leurs racines. Elles disparaîtront dans le courant de l’hiver sous l’effet du gel évitant ainsi de concurrencer le colza le reste de la campagne. Il est possible d’associer une seule plante au colza, la féverole par exemple, ou deux, ou trois, voire davantage.

« Une quinzaine de plantes associées »

Benoît Guilbert fait partie des précurseurs de la technique dans le département du Pas-de-Calais. « J’implante mon colza avec des plantes compagnes et en semis direct depuis quatre ans, indique-t-il. Au départ, j’ai un peu tâtonné pour trouver la bonne date de semis, à la fois pour le couvert et le colza. Je me suis finalement rendu compte que le plus simple est de tout semer en même temps, le plus tôt possible après la récolte de l’orge d’hiver. L’idéal est de disposer d’un semoir avec une double trémie. Je n’en ai pas alors je sème les petites et les grosses graines mélangées avec un semoir mécanique à dents, Guilbart T-Drill. »

Colza associé à une quinzaine d'espèces.Le colza peut-être associé à plusieurs espèces. Une quinzaine se mélangent dans cette parcelle. Un vrai régal pour les yeux. (©Benoît Guilbert)

Selon l’agriculteur, plus la biodiversité est importante, mieux c’est. Alors il associe son colza à une quinzaine d’espèces, toutes gélives. Il mélange également trois variétés de colza. « En 2018, par exemple, j’ai mélangé 6 kg de colza, 3 kg de plusieurs espèces de trèfle, 60 kg de féverole, 20 kg de pois protéagineux, 10 kg de tournesol, 2 kg de phacélie, 2 kg de lentille, 2 kg de fénugrec, 5 kg de lin, 5 kg de sarrasin, 2 kg de trèfle d’Alexandrie et 5 kg de vesce de printemps. »

Premier intérêt : réduire les intrants

« Les plantes compagnes permettent surtout de réduire les intrants, précise Benoît Guilbert. Je n’utilise plus d’insecticides et j’ai réduit l’utilisation d’herbicides et d’engrais minéraux. Le rendement en colza n’est pas plus élevé mais j’obtiens une marge très correcte. Le couvert a un coût, donc j’essaie de produire le maximum d’espèces sur l’exploitation. » Le jeune agriculteur ne s’est pas lancé seul, mais avec cinq ou six autres confrères dans un rayon de 70 km autour d’Arras. Ensemble, ils échangent beaucoup et s’appuient, tout au long de la campagne, sur les conseils d’un technicien privé.


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