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Jacques Charlot, agriculteur « Contre les grosses altises, tout faire pour que le colza se développe vite »

Corteva

Pour Jacques Charlot, agriculteur dans l’Indre, la qualité d’implantation du colza est capitale pour éviter les attaques d’insectes à l’automne. Il sème ses 100 ha de colza avec un semoir monograine et associe la culture à des plantes compagnes.

Jacques Charlot « La meilleure défense des plantes contre les parasites est la vigueur au départ. » (©Jacques Charlot ) 

« Pour éviter les attaques de grosses altises, il n’y a pas de secret, il faut que le colza soit bien développé avant leur arrivée en octobre, explique Jacques Charlot, installé avec son épouse, à Murs, dans le nord du département de l’Indre. Pour cela, je le sème tôt, dès qu’il pleut après la récolte des céréales, soit entre le 20 juillet et le 20 août selon l’année. Cette année par exemple, il est tombé 27 mm le 7 août. J’ai semé mes colzas entre le 8 et 12 août. » En revanche, pour éviter des plantes trop développées l’hiver, il choisit des variétés peu sensibles à l’élongation.

Bien écarter la paille au semis

Il associe systématiquement son colza avec des plantes compagnes. Il utilise un semoir de précision combiné à un strip-till, pour passer dans les chaumes du précédent. « Je démarre par un passage de herse peigne Magnum juste après la récolte de la céréale, précise l’agriculteur de l’Indre. Notre moissonneuse-batteuse, une Axial Flow Case IH, broie correctement la paille mais je préfère la répartir sur l’ensemble de la surface. Je nettoie le sol sur une bande de 10 cm avec un strip-till équipé de deux rangées de chasse-paille avec disques ouvreurs, et des dents esquivées qui traînent sur le sol. Le semoir, un mono-graine Kuhn de 4,20 m, 7 rangs de 60 cm, est aussi équipé d’un chasse-paille. » Le semoir dispose de cinq caisses différentes, ce qui permet de semer sur la même ligne plusieurs espèces, plantes compagnes et colza.

Il opte pour une densité de semis pour le colza, de 40 à 50 graines/m2 pour un objectif de 25 à 30 pieds levés. Il a retenu cette année comme plantes compagnes féveroles (60 kg/ha), gesses (20 kg/ha) et fenugrec (5 kg/ha). « Les disques semeurs déposent les graines à une profondeur de 2 ou 3 cm et le sol est rappuyé par une roue plombeuse, ajoute l’agriculteur. Le contact sol-graine est optimal, ce qui permet aux semences de bénéficier de l’humidité du sol, à une période où le temps est plutôt au sec. »

En général, pas d’insecticides à l’automne

Jacques Charlot opère ainsi depuis une dizaine d’années et, en général, il n’a pas besoin d’intervenir à l’automne contre les grosses altises, ni les charançons du bourgeon terminal qui se manifestent dans la région. Ça n’a malheureusement pas été le cas à l’automne 2018, les conditions trop sèches ayant empêché la culture de pousser correctement. Il a dû retourner une partie de ce qu’il avait semé et le reste n’a jamais rattrapé son retard. « Avec très peu de croissance automnale, le colza était encore petit en octobre quand les grosses altises sont arrivées et j’ai été obligé d’intervenir avec un insecticide, indique-t-il. La meilleure défense des plantes contre les parasites est la vigueur au départ. » Cette année, son colza a bien levé, mais il croise les doigts pour que la pluie arrive. Il ne voudrait pas subir à nouveau la sécheresse de l’an dernier.


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