Publi-information

Colza Le manque d’eau et les méligèthes perturbent la floraison

Corteva

Si de nombreuses parcelles de colzas en pleine floraison laissent augurer un bon potentiel, ce n’est pas le cas de toutes. Certaines ont du mal à fleurir, d’autres sont sujettes à d’importants avortements.

Méligèthes sur colzaOn a observé cette année des infestations exceptionnelles de méligèthes, tant en nombre d’individus qu’en temps de présence sur les cultures. (©Corteva)

Après les difficultés d’implantation à l’automne à cause du sec et des attaques d’altises, le colza n’a pas trop souffert de l’hiver et même profité d’un début de printemps favorable. Les producteurs pensaient être tirés d’affaire. Ainsi, la plupart des colzas présentaient un potentiel correct. Mais le temps sec qui persiste depuis plusieurs semaines, associé à des attaques impressionnantes de méligèthes, comme en 2018, a perturbé l’évolution de certaines parcelles qui ont du mal à fleurir. Dans d’autres cas, on observe des avortements importants sur les hampes florales principales. Peu de régions sont épargnées.

Le nord-est très touché

Le nord-est de la France est, comme l’an dernier, très touché par le phénomène. « Les parcelles de colza en bonne forme sont maintenant en pleine floraison et présentent un potentiel de rendement satisfaisant, reconnaît l’équipe régionale Terres Inovia. Mais dans de nombreuses situations, elles ont des difficultés à entrer franchement en floraison, voire à commencer à fleurir. » Les techniciens avancent plusieurs raisons à cela : des attaques successives d’insectes depuis l’automne, puis au printemps, notamment une pression méligèthes vraiment très forte cette année, des gelées fin avril qui ont atteint – 6 à – 8°C, dans certains secteurs, et la sécheresse qui sévit sur l’ensemble de la région. 

Des parcelles avec peu de siliques

Dans le centre-ouest, le colza est entré en floraison avec 10 à 15 jours d’avance par rapport à une année normale, phase qui s’est souvent relativement bien déroulée. Mais on signale aussi des parcelles peu ou pas fleuries fin avril avec peu de siliques. Ces situations peuvent être liées à plusieurs éléments plus ou moins combinés : la sécheresse, les dégâts de ravageurs d’automne et de printemps, mais aussi les défauts d’enracinement liés à des levées tardives, des températures froides et très chaudes à la fois et des périodes de gel qui ont pu faire avorter les fleurs présentes.

En Poitou-Charentes, la sécheresse persistante pendant la floraison a provoqué des nouaisons chaotiques et des infestations exceptionnelles de méligèthes, en nombre d’individus comme en durée de présence en culture, ont pu altérer la floraison et faire avorter de nombreux boutons. « Dans le sud-ouest, les colzas ont rencontré des difficultés en début de floraison qui ont provoqué des avortements importants sur les hampes principales », signale Terres Inovia.

Des capacités de compensation

Même le nord-ouest de la France est concerné.  « Si dans l’ensemble de la région, la situation semble plutôt correcte, des parcelles peinent à fleurir ou entament déjà une défloraison », constate l’institut en Normandie et Ile-de-France ouest. Ces phénomènes sont liés au temps sec et, comme en 2017 et 2018, à des attaques de méligèthes qui ont provoqué des avortements massifs de fleurs.

Cependant, il ne faut pas sous-estimer les possibilités de compensation par les boutons axillaires, même si ces derniers paraissent peu développés aujourd’hui. C’est aussi ce qui pourrait se produire dans les autres régions. « Selon les situations, la floraison ou l’apparition de hampes florales secondaires devraient permettre de compenser ces pertes, soulignent les techniciens de Terres Inovia. A condition que les cultures puissent maintenant bénéficier de conditions favorables, à savoir de la pluie, de l’ensoleillement et une remontée des températures minimales. »


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Chargement des commentaires