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Plateforme Herbinnov Sud Le ray-grass résistant face aux itinéraires techniques innovants

Bayer

Comment venir à bout d’un ray-grass résistant avec, comme impératif agronomique, la préservation du stock de matière organique et de la structure du sol, qui exclut le labour profond ? Tel est l’enjeu de la plateforme Herbinnov Sud, implantée en Midi-Pyrénées, pensée avant tout en fonction des problématiques techniques et économiques des agriculteurs de la région.

Plateforme Herbinnov SudPremiers résultats de la plateforme Herbinnov Sud : réduction de 150 à 10 pieds de ray-grass par m2 après un pseudo-labour à 18 cm. (©Bayer)

Quinze années de non labour ont amélioré le stock de matière organique, la tenue et la vie des sols des trois exploitations associées au sein de l’entité Agricastel, située au nord de Toulouse. Mais sur près de 1 000 ha cumulés en cultures, les ray-grass ont aussi bien profité. La graminée a développé une résistance aux molécules herbicides qu’elle est maintenant capable de détoxifier.

Avec une rotation de blé tendre, blé dur, maïs, tournesol, soja et cultures légumières, la SARL, dont l’objectif est de mutualiser le matériel et le personnel, est représentative des problématiques de désherbage de la région. Elle accueille la plateforme Herbinnov Sud pour participer à la recherche de leviers efficaces pour contourner cette difficulté et les partager avec le plus grand nombre d’agriculteurs. « En accord avec les trois associés, nous avons installé un dispositif qui se veut au plus près des conditions agronomiques locales et des pratiques des agriculteurs, explique François Ferrié, ingénieur Bayer qui pilote la plateforme. Nous sommes dans une logique d’innovation, en partageant les risques, pour gérer durablement les ray-grass. Nous parlons bien de démonstration et non d’essais sur cette zone de 4 ha. »

Évaluer l’effet du pseudo-labour et de la date de semis

Depuis l’automne 2018, deux leviers agronomiques sont étudiés sur la plateforme : l’effet d’un pseudo-labour tous les quatre ans et le recul de la date de semis. Le pseudo-labour est préféré au labour pour préserver la structure des sols. Il s’agit d’une opération de travail du sol avec mélange des horizons à une profondeur équivalente au labour.

Un niveau de 150 ray-grass par mètre carré est enregistré sur le témoin non labouré. La variété de blé Rebelde a été semée d’une part le 13 novembre 2018, d’autre part le 26 octobre. Premier résultat : sur la parcelle labourée, il reste moins de 10 pieds de ray-grass par mètre carré en ce début d'année. « Ce résultat est frappant mais attendu, commente François Ferrié. Au-delà de l’effet choc du labour la première année, le stock de semences s’établit avec ce seul levier autour de 50 % du niveau initial. Pour gagner en efficacité, d’autres leviers devront être mis en place, agronomiques et chimiques. » L’effet du recul de la date de semis ne ressort pas ici car la culture a mal levé comme cela peut-être souvent le cas dans le Sud-Ouest. Une solution de prélevée, dont l’homologation est attendue en 2019, fait l’objet d’un essai complémentaire attenant à la plateforme.

Couverts et strip till à l'essai

Les itinéraires innovants sont explorés sur une autre zone de 2 ha. Du radis chinois et de la phacélie ont été semés le 18 octobre. Ils jouent durant l’hiver leur rôle de décompaction du sol. Un tournesol va être implanté dans ces mêmes couverts au printemps 2019. Un rouleau Faca installé devant le tracteur va casser la végétation et un strip till réalise simultanément le semis. L’interculture détruite va ensuite sécher. Un désherbage sur le rang reste à programmer. « Seuls 40 % de la surface vont recevoir un herbicide en prélevée, d’une autre famille chimique que celles utilisées sur les céréales, tient à souligner François Ferrié. Un binage ou rattrape dans l’inter rang sera sûrement nécessaire. Nous ferons ensuite un blé à l’automne pour évaluer l’effet de cet itinéraire particulier. » L’évaluation de cette approche est très attendue, tant pour son efficacité que pour sa facilité de mise en œuvre. « Accompagner les agriculteurs pour accroître durablement leurs performances technique et économique est clairement notre objectif », conclut François Ferrié.

Jean-Claude LabitJean-Claude Labit, associé-agriculteur à Castelnau-d’Estrétefonds (31), souhaite explorer des itinéraires innovants pour réduire le recours aux herbicides et en finir avec la résistance du ray-grass. (©Bayer)

Des visites de la plateforme auront lieu au début du printemps.

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