Si les céréaliers alertent depuis des mois sur les revenus négatifs et l’explosion des coûts de production, signe d’une crise structurelle pour la production, ils lancent à nouveau un « cri d’alarme », la veille de l’ouverture du salon de l’agriculture, où les décideurs politiques seront nombreux à se rendre.
Pour les présidents de l’AGPB, l’AGPM, la CGB, la FOP et l’UNPT, « il y a urgence à agir « à la racine des maux structurels » qui fragilisent les agriculteurs et leur capacité à produire, entreprendre, innover et à s’adapter ». Les organisations rappellent leurs propositions pour sortir les grandes cultures de l’impasse, autour de deux axes : soutien au revenu, et protection des marchés.
Contre « l’effondrement du revenu »
Sur le premier point, elles demandent ainsi la suppression de taxes et de redevances (MACF et droits antidumping sur les engrais, redevances eau et pollution diffuse), la reconduction de prêts de consolidation long terme, une sécurisation du revenu avec le déclenchement de la réserve de crise européenne, des outils de régulation des marchés et de protection des prix, et une revalorisation du budget de la Pac avec un soutien renforcé aux grandes cultures et des aides spécifiques pour les zones intermédiaires.
Protéger les marchés et consolider les filières
Concernant les marchés, les producteurs de grandes cultures appellent à une réciprocité des normes et des standards de production pour tous les accords internationaux, l’exclusion des produits sensibles des accords de libre-échange et la suspension des importations en cas de crises de marché, des garde-fous en cas d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, une meilleure traçabilité de l’origine des produits importés, la levée des freins à la compétitivité et à l’investissement des entreprises de l’aval, des incitations au développement des bioénergies, biomatériaux et biocarburants durables, ainsi que l’implantation de filières de transformation sur le territoire national (alimentation animale, viande, amidon et diverses matières premières).
« La balle est désormais dans le camp de ceux qui nous gouvernent et qui ont pour devoir de contribuer utilement à l’avenir du pays pour les mois et années à venir, en faisant le choix de relancer la production agricole et alimentaire de notre Nation », rappellent les présidents des cinq organisations.