Au Salon de l'agriculture Bruno Le Maire : Le Tafta est « un scandale démocratique »

AFP

Paris, 1 mars 2016 (AFP) - Bruno Le Maire (Les Républicains), candidat à la primaire pour 2017, a qualifié le traité de libre-échange transatlantique (Tafta), actuellement en négociation entre l'Europe et les États-Unis, de « scandale démocratique », en visitant mardi le Salon de l'agriculture à Paris.

« Ce traité est négocié dans notre dos. C'est un scandale démocratique. Nous n'en avons jamais vu une seule ligne », a dénoncé le député de l'Eure, assurant que « jamais », il ne ratifierait un tel traité à l'Assemblée. « Si c'est pour ouvrir le marché aux bêtes piquées aux hormones, au poulet aspergé de chlore, on a perdu la partie », a-t-il ajouté.

Les professionnels français de la viande bovine avaient mis en garde le 16 février dernier contre le risque d'« importations massives » de viande américaine issue d'élevages intensifs dans le cadre du futur Tafta . « Il faut sauver l'élevage », a lancé l'ancien ministre de l'agriculture, devant les responsables de la filière bovine tout en les prévenant : « la consommation de viande va encore baisser. Dire qu'il faut manger plus de viande est un mauvais combat. Le combat, c'est la qualité de la viande », a-t-il insisté.

Bruno Le Maire , qui a choisi de passer trois jours entiers, de lundi à mercredi, Porte de Versailles, a affirmé qu'il avait réussi, quand il était ministre, à « convaincre la Russie de rouvrir son marché aux importations de viande bovine. (...) Et le seul ministre de l'agriculture qui ait obtenu qu'on privilégie les produits locaux dans la restauration collective, c'est moi », a-t-il martelé.

Mais l'ancien ministre, salué par des visiteurs assurant « compter » sur lui pour 2017, s'est également heurté à des producteurs durement touchés par la crise. « Sur 100 euros de viande, il n'y en a que 8 qui entrent dans notre poche », lui a lancé un représentant de la Fédération nationale bovine. « C'est vous, quand vous étiez ministre, qui avez accentué le système ! ». « Ce n'est pas moi qui ait fait la loi », s'est défendu Bruno Le Maire.

Egalement interpellé par un producteur de lait, membre de la Confédération paysanne, qui lui reprochait « la grosse erreur » de la mise en place, quand il était ministre, du système de « contractualisation tripartite » (entre producteurs, industriels et distributeurs), après la suppression des quotas de lait, Bruno Le Maire a rétorqué : « je veux bien prendre ma part de responsabilités. Mais depuis 2012, des décisions auraient pu être prises ! ». « François Hollande et Stéphane Le Foll (actuel ministre de l'agriculture) n'ont pas bougé le petit doigt. Aujourd'hui le gouvernement vous laisse en milieu de route », a-t-il estimé. « C'est trop facile, je ne veux pas entrer là-dedans », lui a répliqué l'agriculteur.

Mercredi, Bruno Le Maire ira notamment voir les céréaliers et les agriculteurs d'outre-mer.

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