Barrage de Sivens La Fnsea dénonce les « djihadistes verts » d'un mouvement « bien organisé »

Terre-net Média

Djihadistes verts, équilibre démocratique menacé, manipulation, désinformation : Xavier Beulin et la Fnsea utilisent des mots forts pour dénoncer le type de mouvement en action dans le cadre du projet de barrage de Sivens.

Xavier Beulin en congrès Fnsea (avril 2014) 

Paris, 29 oct 2014 (AFP)

Le président de la Fnsea, Xavier Beulin, a estimé mercredi que l'opposition au barrage de Sivens (Tarn) avait généré « des djihadistes verts » et que ce qui était « présenté comme un mouvement pacifique est extrêmement bien organisé ».

L'équilibre démocratique est menacé aujourd'hui », a ajouté lors d'une rencontre avec la presse le responsable du syndicat agricole pour qui « quand une décision est prise, on l'exécute, sinon ce n'est plus une démocratie digne de ce nom ».

Déplorant la contestation du processus de décision ayant autorisé la construction de la retenue d'eau de Sivens, le président de la Fnsea a déclaré : « on est en train d'organiser des djihadistes verts ». « Ce qui était présenté comme un mouvement pacifique est extrêmement bien organisé ». Pour Xavier Beulin, « il y a une désinformation » au sujet de ce projet qui « n'est pas un barrage mais une retenue, sur un territoire agricole le plus pauvre du Tarn pour ne pas dire de Midi-Pyrénées ».

L'équilibre démocratique est menacé aujourd'hui

Xavier Beulin a affirmé que les bénéficiaires de ce projet seraient « une centaine d'agriculteurs dont l'ambition est de garder de petites fermes » et a récusé le fait que « l'agriculture industrielle » allait bénéficier de cette infrastructure. Il s'est ensuite interrogé sur la capacité de la France à « assurer un minimum de développement à des activités de ce type ». « Ou on décide qu'on entre dans un système de décroissance et alors assumons », a-t-il lancé.

Le président de la Fnsea a expliqué que son organisation n'avait pas réagi jusqu'à maintenant à la mort du jeune Rémi Fraisse « par respect pour la famille ». « Pour autant, nous sommes déstabilisés par l'exploitation de cet évènement, de ce décès dramatique », a-t-il déclaré. 

Voici la lettre ouverte de la Fnsea au sujet du barrage de Sivens


Arrêtons la manipulation !
 
Faut-il que notre pays aille mal pour que l’on accepte tout sans raisonner et sans réfléchir ? Le cas de Sivens en est une illustration catastrophique et criante. Disons le tout de suite la Fnsea s’associe à la peine de la famille de Rémi Fraisse suite au décès injuste et dramatique de celui-ci.

Mais comment en est-on arrivé là ? Facilité sémantique, beaucoup parlent de « barrage » de Sivens – qui évoque des travaux pharaoniques - alors qu’il s’agit d’une retenue d’eau collinaire raisonnée, étudiée et nécessaire, créatrice d’une nouvelle zone humide, porteuse de bio-diversité. Voilà la première manip. La seconde concerne l’idée que l’on pourrait se faire sur le type d’exploitations concernées. Très vite les commentateurs ont parlé d’agriculture industrielle, de grosses exploitations alors qu’en réalité il s’agit du développement de petites exploitations à haute valeur ajoutée insérées dans le terroir local.

Mais la manipulation ultime réside dans le fait qu’on amalgame tout, des pacifistes écolos avec des activistes de tout poil, des citoyens qui cherchent à comprendre avec des élus spécialistes de la contestation et des règlements de compte politiciens. Voilà le vrai scandale !

Combien d’extrémistes passent d’un combat à un autre sans embrasser la cause ? Combien d’élus sont élus justement démocratiquement et contestent les décisions prises démocratiquement ? Combien de politiques préparent sur les drames humains, sur des situations difficiles, leur réélection aux régionales de 2015 ? Combien de temps la violence servira de règle d’empêchement ?

Le Gouvernement n’a pas la tâche facile, disons-le mais il doit choisir sa voie : le redressement productif face à la contestation destructrice, le soutien à ceux qui produisent face aux paroles démagogiques de ceux qui ne font que parler, la vision collective face aux individus en manque de vision.

La France est crispée, tendue et au fond triste de son sort actuel. Raison de plus pour aider ceux qui veulent renverser la vapeur quand d’autres ne veulent que renverser la table.

Ici et là des élus locaux, des entrepreneurs, des acteurs de la vitalité du monde rural, à Sivens ou ailleurs, se battent pour l’activité, l’emploi, pour le pays et ils se font barrer la route par les mensonges, l’impudeur et la démagogie. Les « zadistes », professionnels des « zones à défendre » les élus verts les plus dogmatiques se drapent dans leur siège confortable de donneurs de leçons. Ils se prennent pour les sachants… face aux paysans !

Manipulation encore, manipulation toujours. On ne démonte plus les Mac Do pour la caméra. On démonte des projets sans les connaître pour exister sans cause. Les Français sauront le jour venu trancher tout cela mais en attendant la France a plus besoin d’un projet et de courage que de paroliers qui n’ont au fond comme métier que de mettre en scène la vindicte puisque d’idées ils n’ont pas.

La situation est grave. Et si à chaque construction pour du mieux, à chaque projet pour avancer, les activistes sont là, la Fnsea, elle, sera toujours du côté de ceux qui innovent, bâtissent et progressent.

dépêche de l'Afp complétée par Terre-net Média avec l'intégralité de la lettre de la Fnsea
© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net
Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous