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Négociations commerciales : le système est « à bout de souffle »

Le système de négociations commerciales annuelles entre distributeurs et industriels, lesquelles s'achèvent dimanche pour 2026, arrive « à bout de souffle » selon le ministre du Commerce Serge Papin, qui prône une « planification » pluriannuelle pour sortir du « climat de tension » actuel.

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« Le climat de tension dans le contexte actuel n'est pas suffisamment apaisé », estime auprès de l'AFP Serge Papin, en visite jeudi au Salon de l'agriculture. « Le monde agricole a besoin de planification. On le voit bien parce qu'il y a des enjeux de souveraineté et d'investissements ».

Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs mènent des négociations commerciales, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en supermarchés des produits (hors marques propres des distributeurs). Le ministre porte une « nouvelle ambition », celle d'« une forme de contractualisation plus longue » pour permettre aux producteurs de se projeter au-delà de cette échéance traditionnelle annuelle.

« Si on arrivait à avoir cet engagement-là, ça permettrait de donner une autre teneur aux relations commerciales qui, je le reconnais, en ont besoin », continue-t-il. Pour l'ancien patron de Système U, c'est la loi de modernisation de l'économie qui depuis 2008 a « durci les négociations » : « On est passé de la loi Galland (en 1996, NDLR), qui était une loi qui pilotait la marge (...) à la loi de modernisation de l'économie, qui est une loi pour le pouvoir d'achat ».

S'il se pose en « médiateur », Serge Papin garde en ligne de mire certaines pratiques de distributeurs qui ne respectent pas la règle : face à elles, « on sanctionne », appuie le ministre, évoquant les centrales européennes des distributeurs. Régulièrement accusées de détourner la législation française, elles sont jugées nécessaires par les distributeurs pour peser face aux multinationales.

La Répression des fraudes vient d'infliger une amende de plus de 33 millions d'euros à Eurelec, la centrale d'achat européenne d'E.Leclerc, accusée de ne pas avoir respecté la date butoir pour 70 contrats en 2025. La ministre de l'agriculture Annie Genevard a par ailleurs récemment accusé certaines enseignes de la grande distribution d'exercer un « chantage mortifère » sur les industriels de l'agroalimentaire, en les accusant de recourir à la menace de déréférencement de marques (retirer les produits des rayons).

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