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Des « assurances vertes » encourageraient à réduire l'usage des phytos

Les « assurances vertes » pour couvrir les pertes de production liées à une baisse de l'usage des pesticides seraient un « levier majeur » pour inciter les agriculteurs à adopter de nouvelles pratiques et réduire de manière pérenne les pesticides, selon une étude publiée mardi.

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L'étude, menée par l'Inrae et l'Université de Bordeaux, montre que couvrir les pertes de production liées à une baisse de l'usage des pesticides via une assurance permettrait aux agriculteurs d'expérimenter cette pratique sur une période plus longue et faciliter son adoption.

Car si la baisse de l'usage des pesticides est « un enjeu majeur » et « une attente forte de la société », l'Inrae souligne que « l'expérimentation de nouvelles pratiques ou de nouveaux outils innovants par les agriculteurs les expose à un risque important de perte de production et de perte économique ». Or « l'adoption d'une innovation dépend non seulement de son efficacité mais également du "chemin" par lequel l'agriculteur apprend à lui faire confiance : un échec précoce peut suffire à l'écarter définitivement ».

« Si l'assurance ne suffit pas toujours à encourager l'expérimentation après une mauvaise année, elle n'en reste pas moins un facilitateur important », affirme l'Inrae, dont les chercheurs, ainsi que ceux de l'Université de Bordeaux, ont mené pendant quatre ans une expérimentation auprès de viticulteurs de la région bordelaise.

En collaboration avec l'Institut Français de la Vigne (IFV) et la compagnie d'assurance Groupama, ils ont mis en place un « outil d'aide à la décision (OAD) » indiquant au viticulteur « quand traiter et à quelle dose » et une « assurance spécifique couvrant les pertes en cas d'échec ».

Les viticulteurs participants à l'étude étaient dédommagés des pertes éventuelles de production à condition d'avoir suivi les recommandations de l'OAD, avec une franchise de 5 %.

« Le mécanisme d'assurance verte a incité les viticulteurs à tester l'OAD sur une période suffisamment longue pour leur permettre d'évaluer la qualité et l'intérêt de l'outil », souligne l'Inrae, pour qui un « cercle vertueux s'est enclenché ».

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