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Traité Inde-UE : un accord « équilibré » selon Copa-Cogeca

L'accord commercial conclu entre l'Union européenne et l'Inde est « une avancée significative et équilibrée » pour le commerce agroalimentaire, a salué mardi le Copa-Cogeca, qui regroupe les principaux syndicats agricoles d'Europe, quand les vins et spiritueux français se réjouissaient d'un « aboutissement essentiel ».

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Ce traité « renforce l'accès à un marché clé, tout en reconnaissant clairement le besoin de protection des secteurs les plus sensibles de l'agriculture européenne et de son modèle de production », souligne le Copa-Cogeca.

« En réduisant de manière substantielle ou en éliminant des droits de douane jusqu'ici prohibitifs sur certains produits - aliments transformés, huile d'olive, jus de fruits, vins et spiritueux - il crée des opportunités d'exportation significatives », précise le Comité.

L'organisation « reconnaît les efforts de la Commission européenne pour permettre que cette ouverture ne se fasse pas aux dépens de la résilience agricole. L'exclusion des produits les plus sensibles de cette libéralisation (tarifaire), dont le bœuf, le sucre, le riz, la volaille et le miel, reflète une approche pragmatique et responsable ». L'inclusion de ces produits dans l'accord commercial UE-Mercosur a fait descendre les agriculteurs dans la rue pendant des mois. Avec l'Inde, sont aussi exclus le blé tendre, la poudre de lait, les bananes et l'ail.

« Le point qui pourra rassurer nos agriculteurs est que les secteurs sensibles ont été tenus à l'écart, ce qui était très difficile dans la négociation parce que l'Inde est un géant agricole et il y avait beaucoup d'intérêts offensifs », a souligné mardi une source à la Commission européenne.

Pour d'autres produits, l'Europe a « encadré par des quotas les concessions octroyées », a-t-elle ajouté : 3 500 tonnes de viande de mouton et 500 tonnes de viande de chèvre indiennes, 1 800 tonnes de maïs doux et 600 tonnes d'amidon de maïs auront des droits de douane réduits, 60 000 tonnes de concombres et cornichons seront exemptées.

À l'inverse les vins et spiritueux européens verront, sur sept ans, les droits indiens passer de 150 % à 20 % pour les vins de plus de 10 euros la bouteille (et 30 % pour les moins chers), de 150 % à 40 % pour les spiritueux et la bière de 110 % à 50 %.

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) a salué « une avancée considérable », au moment où le secteur affronte des droits accrus aux États-Unis, son principal marché à l'export, et peine en Chine. Cet accord est « important dans la logique de diversification que nous devons poursuivre (...) Il marque le début d'un chemin jusqu'ici fermé par les barrières tarifaires », a souligné son président, Gabriel Picard, tout en appelant à « rester humble. C'est un marché qu'il va falloir construire ».

La France a exporté en Inde en 2024 pour 13,8 millions d'euros de vins et spiritueux (près de 373 500 caisses, à 87 % des spiritueux), indique le secteur. Très loin du marché américain (3,9 milliards dont 1,5 de spiritueux). Les chiffres sur onze mois de 2025 transmis par la FEVS verraient une progression de 25 % (+ 17 % pour les vins / + 27 % pour les spiritueux).

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