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Exportations françaises de céréales : l’Algérie dans les line-up de février

5 000 tonnes de blé tendre français à destination de l'Algérie sont annoncées dans les line-up.

Après dix-huit mois d’absence, l’Algérie réapparaît dans les programmes de chargement provisoires français à l'export, avec des volumes de blé tendre et d’orge. Un frémissement encore marginal, tandis que FranceAgriMer ajuste ses prévisions d’exportations 2025/26, entre resserrement de débouchés vers les pays tiers pour le blé et regain de compétitivité pour l’orge.

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L’Algérie serait-elle en train de renouer avec les céréales françaises ? C’est ce que laissent entrevoir les chargements en cours : alors que le pays n’avait pas importé de blé tendre français depuis juillet 2024 (31 500 t à l’époque), un bateau de 5 000 t apparaît dans les line-up de février. Pour l’orge, après trois campagnes sans achats algériens, 13 000 t sont aussi inscrites au programme des expéditions.

« 5 000 t pour le blé, c’est marginal, et il faudra attendre les données des douanes pour voir si ces achats se confirment », tempère Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques sur le marché français des céréales, lors d’un point presse organisé par FranceAgriMer le 11 février.

D’après lui, ces flux pourraient être liés à des questions de qualité : l’Argentine, très présente sur le débouché algérien, semble rencontrer des difficultés sur le blé panifiable et exporter principalement du blé fourrager.

Difficile donc de savoir si ces cargaisons marquent un véritable retour des achats algériens pour les céréales françaises. « Est-ce que c’est un signal de reprise ? », interroge Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé « grandes cultures » de FranceAgriMer. « C’est en tout cas très important pour nous dans ce contexte de production et d’exportations : c’était un client habituel. On espère que les relations pourront s’améliorer, et ça ne concerne pas que les céréales », ajoute-t-il.

Concurrence accrue sur le blé tendre

Ce soubresaut n’a pas empêché l’établissement public d’abaisser sa prévision quant aux exportations françaises de blé tendre pour la campagne de commercialisation 2025/26. Elles sont désormais estimées à 14,86 Mt, contre 15,11 Mt le mois dernier. Si l’on exclut 2024/25, particulièrement faible, la France exportait en moyenne un peu plus de 16,5 Mt de blé tendre ces dernières campagnes.

La révision porte surtout sur les pays tiers : FranceAgriMer estime à 7,2 Mt les volumes exportés hors UE cette campagne, contre 7,5 Mt précédemment.

De fait, les débouchés se resserrent sous l’effet d’une concurrence accrue : « En début de campagne, on a fait quelques volumes vers l’Asie mais ce sont actuellement les volumes d’Argentine et d’Amérique du Nord qui sont favorisés ».

Et s’il continue, avec l’Afrique subsaharienne, de maintenir les exportations françaises de blé tendre, le Maroc s’attend à une bonne récolte 2026 et a annoncé limiter ses importations à partir du mois de mai.

Une orge française très compétitive

En orge, FranceAgriMer a au contraire relevé son estimation des exportations françaises pour 2025/26, à 6,25 Mt, dont 3,7 Mt vers les pays tiers, soit une hausse de 10 % par rapport à l’anticipation de janvier.

« On a remonté notre prévision parce que l’orge française est très compétitive depuis le début de la campagne vers l’Arabie saoudite, qui prend de plus en plus de place par rapport aux campagnes précédentes et a déjà importé plus de 700 000 t », explique Habasse Diagouraga.

Le pays du Golfe dépasse ainsi la Belgique (600 000 t) et arrive second sur le podium des importateurs d’orge française sur la première moitié de campagne. « La Chine reste première, à 900 000 t, mais stagne depuis octobre après les gros volumes qu’elle a faits en début de campagne », précise l’analyste.

L’Afrique du Nord (Maroc, Libye, Tunisie, et Algérie, donc) soutiennent cette dynamique à l’export, ainsi que des destinations plus lointaines comme le Mexique, la Colombie et l’Irak.

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