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Sur les marchés agricoles, les prix soutenus du soja américain

Les cours du soja bénéficient de la perspective d'une demande forte.

La fermeté du prix des huiles sur les marchés mondiaux et les retombées de la « Big Beautiful Bill » américaine soutiennent les cours du soja, qui grimpent face à de nouvelles perspectives pour les agrocarburants aux États-Unis.

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La volatilité observée ces derniers jours sur le marché des matières premières, de l'or au pétrole, s'est « dégonflée en début de semaine » et a « globalement épargné le secteurs des grains » du fait de la lourdeur des stocks mondiaux de céréales et oléagineux, rappelle Sébastien Poncelet, analyste à Argus Media France. Toutefois, l'abondance des récoltes attendues de soja chez les trois premiers exportateurs mondiaux - Brésil, États-Unis et Argentine - n'empêche pas les cours de grimper pour la graine oléagineuse.

« Les cours des huiles végétales restent fermes et entraînent les prix des graines », constate Sébastien Poncelet. Ainsi, le cours du soja américain a clôturé en hausse mardi à 10,65 dollars le boisseau (environ 27 kg), tandis que le colza européen s'échangeait en hausse à près de 483 euros la tonne mercredi, retrouvant son niveau d'août dernier.

Le secteur est soutenu par la perspective d'une « demande forte », notamment pour l'exportation de l'huile de palme en Malaisie et Indonésie, mais aussi par le retour de la Chine aux achats de canola (colza transgénique canadien), et en Europe par une demande toujours forte de colza, en l'absence d'offres suffisantes d'Ukraine, explique-t-il.

« Programme 45Z »

Pour le soja, c'est essentiellement la publication mardi des « directives 45Z » par le département du Trésor, en lien avec la « Big Beautiful Bill » (Grande et belle loi) voulue par le président Donal Trump, qui « a suscité un certain enthousiasme parmi les spéculateurs quant à la demande future d'huile de soja », selon Arlan Suderman, de la plateforme de courtage StoneX.

« Le 45Z est le programme de crédit d'impôt pour le programme de production de biocarburants : il représente donc essentiellement le mécanisme de financement du programme de biocarburants », a-t-il expliqué à l'AFP. La structure générale de ce programme, a été incluse dans la « Grande et belle loi » adoptée par le Congrès l'été dernier, mais le département du Trésor a travaillé sur les détails du projet et a finalement publié l'ensemble mardi, a-t-il ajouté.

Ce programme « favorise fortement les matières premières cultivées aux États-Unis, ainsi que celles provenant du Canada et du Mexique, et limite considérablement la possibilité de produire des biocarburants à partir d'huiles de cuisson usagées provenant de Chine et d'autres pays hors d'Amérique du Nord », a-t-il détaillé. C'est pour l'analyste ce qui a fait réagir les marchés, « même si cela était largement connu l'été dernier ».

Coup de froid sur les blés d'hiver

Un autre élément de soutien réside dans l'accord commercial annoncé entre Washington et New Delhi. Si peu de détails ont filtré, les fonds espèrent y voir une nouvelle opportunité pour les exportations de soja américain, l'Inde important environ 16 millions de tonnes d'huiles végétales chaque année. Sur le marché des céréales, les prix du blé restaient soutenus par les inquiétudes face aux vagues de froid dans l'hémisphère nord, des plaines américaines à celles d'Ukraine.

Aux États-Unis, « l'inquiétude concernant l'état des cultures de blé d'hiver s'intensifient, car la couverture neigeuse est faible et des températures très froides ont été enregistrées, ce qui pourrait avoir causé de nouvelles pertes hivernales au cours du week-end », estime Jack Scoville, de Price Futures Group, dans une note.

En Europe, les exportations de blé et maïs profitent en outre de la remontée du dollar face à l'euro (revenu à 1,18 contre 1,20 la semaine dernière) : sur Euronext, la céréale du pain s'échangeait mercredi à 193,5 euros la tonne sur l'échéance la plus proche (mars), tandis que le grain jaune se vendait à 191,75 euros la tonne.

Le blé français, plus cher que l'argentin ou celui de mer Noire, « parvient à trouver son chemin vers le Maroc ou l'Afrique de l'Ouest », indique Sébastien Poncelet. Car, précise l'analyste, son principal concurrent sur ces destinations, le blé argentin, offre « un taux de protéines très bas », ce qui ne satisfait pas les meuniers des pays importateurs.

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