Le gouvernement débloque un tiers des projets de retenues d'eau
Le gouvernement a annoncé jeudi qu'il allait débloquer un tiers des projets de retenue d'eau en instruction, un geste en direction des principaux syndicats agricoles, à deux jours de l'ouverture du Salon de l'agriculture.
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L'alliance syndicale FNSEA-JA, qui domine le syndicalisme agricole, ainsi que la Coordination rurale (2e syndicat), réclament de pouvoir stocker plus d'eau alors que l'agriculture subit de plein fouet le changement climatique et que les besoins d'irrigation sont appelés à augmenter.
« Constatant les trop nombreux projets de retenues d'eau incomplets ou bloqués », Matignon a annoncé dans un communiqué, à l'issue d'une réunion interministérielle sur le sujet, « un premier déblocage immédiat » de 13 projets hydrauliques, soit environ un tiers des 35 projets en instruction. D'autres projets seront débloqués « dans les trois mois », ajoutent les services du Premier ministre.
Le gouvernement va aussi renforcer le pouvoir des préfets pour « accélérer la réalisation des projets de retenues d'eau », avec la création de « cellules hydrauliques régionales », dans une « démarche proactive ».
Matignon rappelle également le triplement du fonds hydraulique de l'Etat à 60 millions d'euros par an pour financer les projets et les études préparatoires, ainsi que des mesures de simplification qui figureront dans le projet de loi « d'urgence » agricole, dont l'examen débutera au Sénat en juin.
Le gouvernement a identifié au total, au terme d'un travail de recensement demandé par Sébastien Lecornu, « 35 projets en instruction, 82 en cours de contentieux et 390 projets hydrauliques incomplets et non déposés par les agriculteurs ».
De leur côté, la Confédération paysanne (3e syndicat agricole) et de nombreuses associations ont mis en garde contre « l'implantation de méga-bassines », ces immenses réserves constituées en puisant dans la nappe phréatique ou les cours d'eau. Ces organisations dénoncent un « accaparement des ressources en eau » au profit d'une agriculture « intensive » ou vouée à des cultures trop gourmandes en eau l'été, comme le maïs.
En 2020, l'eau prélevée pour l'irrigation en France métropolitaine représente environ 10 % des prélèvements totaux et a servi à irriguer 1,8 million d'hectares, soit 6,8 % de la surface agricole utile, selon les données gouvernementales.
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