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Annie Genevard appelle à la « désescalade » avant les rendez-vous à Matignon

La ministre de l'agriculture Annie Genevard a de nouveau appelé samedi à la « désescalade », dans un entretien à la Tribune Dimanche, alors que les syndicats agricoles, qui rencontreront le Premier ministre en début de semaine, veulent relancer la mobilisation face notamment à la crise de la dermatose bovine.

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Assurant vouloir défendre les intérêts de la France pour la prochaine politique agricole commune (Pac), le traité UE-Mercosur ou le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF), autres sources d'inquiétude des organisations syndicales, la ministre déclare que ces dernières « préciseront leurs attentes ces prochains jours », quand Matignon promettait vendredi des « annonces (...) dès ce dimanche ».

« Il faut vraiment opérer une désescalade de la violence, cesser les blocages agricoles, et cela est la responsabilité des organisations syndicales », déclare Annie Genevard, appelant à sanctionner violences et dégradations, « œuvre d'une minorité ».

Interrogée sur le MACF de l'Union européenne entré en vigueur le 1er janvier, qui pénalise les céréaliers importateurs d'engrais, elle assure avoir « déjà agi pour réduire la facture de plus de moitié ». « Mais le coût reste tout de même de 4 000 euros par an par exploitation.

Un coût de 500 M€ pour les grandes cultures

Nous voulons un coût zéro pour nos agriculteurs », ajoute-t-elle. Elle a indiqué que le Premier ministre Sébastien Lecornu a écrit à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à ce sujet et qu'elle entend rallier d'autres pays européens pour « exiger un report ou une suspension du mécanisme pour les engrais ». La FNSEA, principal syndicat du secteur agricole, estime son impact à « 500 millions d'euros pour les grandes cultures ».

Sur le traité de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, qui suscite une forte opposition dans le monde agricole et dont la signature a été reportée au 12 janvier, Annie Genevard indique avoir « activé une mesure conservatoire applicable à la France et sur laquelle Bruxelles devra se prononcer ». Elle consiste à « suspendre l'importation de denrées d'Amérique du Sud qui contiennent des substances interdites en Europe ».

La ministre a par ailleurs appelé les députés « à la responsabilité », avant la reprise des discussions budgétaires jeudi. « Le fait que le budget ait été retoqué par le Parlement suscite une énorme préoccupation, notamment pour l'agriculture », déclare-t-elle. « De nombreux dispositifs, comme le plan viticole, dépendent de l'adoption rapide d'une loi de finances ».

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