Login

Projet agroforestier : « 15 erreurs pour éviter de se planter ! »

De l'idée à la mise en place, quels sont les écueils à éviter pour un projet d'agroforesterie ?

Après 5 ans d’accompagnement à la conception de projets en agroforesterie, l’association Envol Vert liste les points de vigilance à avoir lors de la création ou de la gestion de systèmes agroforestiers.

Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.

« Diagnostic initial, choix des essences, organisation d'un chantier de plantation participatif... » : l'association Envol Vert a regroupé, dans son livret de capitalisation, de multiples conseils pour accompagner le développement de projets agroforestiers, à travers des fiches techniques et des retours d'expériences. Elle recense notamment les 15 erreurs à éviter avant de se lancer : 

« Pour mûrir son projet »

1. « Vouloir aller trop vite pour planter » : l’association estime qu’il faut compter « 1 an d’observation du terrain : hydromorphie, végétation, ensoleillement… » ;

2. « Ne pas avoir de foncier sécurisé » : « planter lorsque l’on est propriétaire ou faire signer un accord écrit à son propriétaire pour sécuriser la plantation » ;

3. « Ne pas profiter des retours » : « des acteurs techniques et des aides financières existent aujourd’hui dans chaque département » ; 

4. « Vouloir planter pour les autres ce que l’on aimerait chez nous » ;

« Pour définir le système agroforestier souhaité »

5. « Vouloir collecter beaucoup trop d’informations sur son terrain et l’agroforesterie » : « il existe une multitude de données à récolter sur son terrain et de références techniques sur le web ou dans les livres. Le choix des essences dépend finalement du sol (structure, texture, présence de calcaire, hydromorphie), du climat (altitude, gelées, pluviométrie) et des objectifs de la ferme. Il est donc possible de créer son projet sans autres connaissances » ; 

6. « Se tromper spatialement dans l’organisation du système (arbres fruitiers plantés trop près les uns des autres, ou trop proches des planches de cultures, ou trop serrés pour le passage des outils). [...] Il faut penser à leur passage sur le long terme, en largeur mais aussi en hauteur ! » ;

7. « Être dicté dans ses choix par l’esthétisme ou l’envie d’exotisme » : « Les meilleurs arbres pour notre biodiversité sont les arbres endémiques de notre territoire. Vouloir intégrer un peu de diversité ornementale, c’est possible, mais il faut que ce soit minoritaire dans l’ensemble du projet. » ;

8. « Vouloir trop diversifié son projet. Tant au niveau des activités que des essences d’arbres, il est important de le rationaliser en fonction du nombre de personnes impliquées. On voit trop souvent des projets avec une multitude d’envies, et où finalement aucune n’aboutit. »

9. « Recourir essentiellement à de la plantation pour son système agroforestier.  La plantation, c’est bien lorsque l’on veut intégrer des arbres que l’on n’a pas encore sur sa parcelle ou qui ne viendront pas assez vite naturellement. Par contre, il est parfois plus pertinent de semer, bouturer, voire seulement mettre en défens une bande sur son terrain, pour voir apparaître en quelques années une belle haie spontanée. » ;

10. « Placer ses arbres sans prêter attention à leurs besoins physiologiques » : « Chaque arbre a des besoins spécifiques, qu’il est important de prendre en compte. Placer un arbre dans les meilleures conditions, c’est profiter de tout son potentiel ! »

« Pour une bonne mise en place »

11. « Faire un travail du sol non adapté aux caractéristiques pédoclimatiques de son sol. En fonction des conditions, il est important de passer la sous-soleuse, casser la semelle de labour, amender, quand dans d’autres, il est seulement nécessaire de faire un beau trou. Pour cela, il importe de connaître son sol ! » ;

12. « Être trop pressé au moment de la plantation. Selon les sols, il est important de passer la sous-soleuse, casser la semelle de labour, amender, quand, dans d’autres, il est seulement nécessaire de faire un beau trou. Pour cela, il est important de connaître son sol ! » ;

13. « Poser des protections non adéquates et en sous-estimer le coût. Les arbres ne doivent pas être protégés de la même façon si l’on a un élevage ou si l’on fait du maraîchage. Il faut donc connaître les différentes protections qui existent et protéger les arbres tout de suite après la plantation. » ;

14. « Vouloir tout planter en même temps, trop planter et finalement ne pas s’occuper de tous les arbres. La meilleure façon de planter (si on a le temps) est d’échelonner sur plusieurs années. Cela permet d’observer comment se comportent les arbres, de ne pas tout perdre si on a une grande canicule et de prévoir le temps qu’il faut pour entretenir les arbres. » 

« Et pour la pérennité du système »

15. « Penser que les arbres se débrouillent tout seuls : les arbres ont besoin d’eau, de paillage et d’entretien les premières années de leur vie. Par la suite, l’entretien dépendra fortement des objectifs du projet. »

A découvrir également

Voir la version complète
Gérer mon consentement