Contractualisation du blé tendre Agri-Ethique, une filière équitable pour sécuriser le prix au producteur

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En juin 2013, la Cavac a lancé la démarche Agri-éthique, une contractualisation équitable du blé tendre, offrant au céréalier un prix fixe rémunérateur pendant trois ans, et une visibilité sur les achats pour les meuniers et les boulangers engagés. Trois ans après, le nombre grandissant de partenaires témoigne du succès de cette initiative.

Trois ans après le lancement d'une contractualisation équitable du blé, le succès de l'initiative ne se dément pas.Trois ans après le lancement d'une contractualisation équitable du blé, le succès de l'initiative ne se dément pas. (©Terre-net Média)

Un blé payé 180 €/t au producteur pendant trois ans : voilà ce que propose Agri-éthique, une démarche de contractualisation du blé sur l’ensemble de la filière, du champ jusqu’à la baguette. « Principal objectif de l’initiative : déconnecter les acteurs, notamment l’agriculteur, de la volatilité des marchés et de ses effets négatifs sur les prix », explique Ludovic Brindejonc, directeur général d’Agriéthique France. Le projet a été lancé en juin 2013 par la coopérative vendéenne Cavac. Pour le producteur, Agri-éthique équivaut à un contrat sur un volume, un prix et une durée définis. « Les exploitants peuvent contractualiser jusqu’à 30 % de leur production pour une période de trois ans. »

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Vu les cours affichés ces dernières semaines, un prix ferme s’approchant de 180 €/t n’est pas une mauvaise affaire. La fixation du prix payé à l’agriculteur se base sur les coûts de production. Un principe qui fait légitimement rêver bon nombre d’éleveurs de vaches laitières ou de bovins viande. « En fixant le prix du blé sur trois ans, Agri-éthique permet à chacun de s’assurer une visibilité et une stabilité sur ses volumes de production », martèle Ludovic Brindejonc. Car le céréalier n’est pas le seul gagnant. En aval de la filière, le prix est tout aussi sécurisé pour le meunier et le boulanger. Et la répartition de la valeur ajoutée entre les différents maillons est définie sur le long terme.

Cette sécurisation du prix des matières premières à tous les échelons apporte davantage de confiance pour investir et créer, directement ou indirectement, des emplois. Ainsi, Agri-éthique comporte aussi une dimension sociale. Contractualiser en direct avec le meunier et les boulangeries des environs contribue à dynamiser les territoires. À l’instar des entreprises participantes, les agriculteurs s’engagent eux aussi. « La production du blé représente 80 % de l’impact d’une baguette de pain, ou d’un autre produit à base de farine, sur l’environnement. Chaque exploitant signataire du pacte Agri-éthique devra mener, au minimum, une action innovante source de gains environnementaux sur l’eau, l’air ou le sol. » Les opérations à mettre en oeuvre sont à la guise du producteur. Il peut semer des couverts, enrichir ses sols pour limiter les apports d’azote, installer des indicateurs de suivi de la vie biologique de ses parcelles...

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Trois ans après sa création, Agri-éthique est un succès : de plus en plus de meuniers, de boulangers et d’agriculteurs veulent adhérer. Lancée par la Cavac, l’initiative a fait sa place sur le secteur de la coopérative et prend une dimension nationale conforme aux aspirations de ses fondateurs. Et elle s’étend aux filières vin et blé noir. « Agri-éthique regroupe désormais plus de 600 producteurs et autant de boulangers. Trois industriels se sont joints au mouvement. »

Au centre de la chaîne, Ludovic Brindejonc peut compter sur 14 meuniers partenaires et 8 organismes stockeurs. Outre la Cavac, la démarche a séduit le groupe CAPL en Provence et Languedoc, Triskalia, la Dauphinoise, Bourgogne du Sud, Demograins, la coopérative CEA et l’Epi salvagnacois. Et la liste des adhérents s’allonge au fil des mois. La Boulangère, qui fabrique des brioches et viennoiseries, vient de signer au printemps 2016. « Le développement des partenaires en bout de chaîne augmente le nombre d’agriculteurs impliqués et les volumes contractualisés », assure Ludovic Brindejonc. L’ambition nationale d’Agri-éthique ne concerne pas que le blé tendre, son produit d’origine. « Nous aimerions élargir cette contractualisation à d’autres productions : le lait, le porc et la viande bovine. »


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