Autoportrait d’agriculteur Christophe, un éleveur de Charolais impliqué et passionné

Pour cet éleveur, rien n’est impossible quand on est motivé et passionné. Sa citation préférée : « Faire ce qu’on aime, c’est être libre. Aimer ce qu’on fait, c’est être heureux. » Avec Agriculture de l’Ouest, Christophe Leclet dresse son autoportrait.

Christophe LecletChristophe Leclet avec un de ses taureaux charolais. (©Christophe Leclet)

« Je me prénomme Christophe Leclet et j’ai 46 ans. Je suis célibataire et j’habite à La Besace dans les Ardennes, petit pays merveilleux, centre du monde, berceau de l’humanité où "il ne pleut que sur les cons !"

Je ne suis pas issu du milieu agricole mais j’ai toujours été attiré par l’élevage. Après un Bepa et un Bta au lycée agricole de Saint-Laurent (Charleville-Mézières), j’ai donc continué en Bts productions animales au lycée agricole d’Amiens (Le Paraclet). J’ai complété ma formation par un certificat de spécialisation en ovins à la Bergerie nationale (centre d’enseignement zootechnique) de Rambouillet où j’ai également passé une licence d’inséminateur ovin. Après 10 mois de service militaire, j’ai été recruté en mars 1993 comme conseiller en nutrition pour la société Cadsar à Pauvres dans les Ardennes. J'y suis toujours conseiller, mais à mi-temps depuis le 1er janvier 2014.

En octobre 2001, je me suis installé sur l’exploitation d’un de mes clients qui prenait sa retraite et qui ne voulait pas voir disparaître son cheptel charolais (25 vaches et 37 hectares). Aujourd’hui, l’exploitation totalise une centaine d’hectares et un cheptel de 70 charolaises Hbc (herd-book charolais) et les générations suivantes, soit environ 180 à 190 têtes.

L’agriculture d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier et ne sera pas celle de demain ! 

Mon assolement est simple puisque je suis tout en herbe. J’aurais pu, comme beaucoup de mes voisins, retourner une partie de mes pâtures, mais je cherche un système d’exploitation le plus simple possible et que je maîtrise déjà. Faire vêler 50 ou 70 vaches, ça ne change pas beaucoup en termes de temps de travail mais cela me permet d’amortir plus rapidement les investissements qui, de toute façon, sont obligatoires. Seul sur l’exploitation, ma mère me donne encore de façon occasionnelle des coups de main.

Au niveau de la ration, les animaux reçoivent du foin et de l’enrubannage, ainsi qu’un complément minéral. Je produis des broutards de 380 à 400 kg ainsi que quelques reproducteurs. Toutes les femelles sont conservées, les meilleures sont inséminées, les autres sont engraissées à l’herbe avec un aliment mash en complément (formulation à la carte). La totalité de mes animaux (hors reproduction) sont commercialisés auprès de la coopérative "Les Eleveurs Ardennais" (Feder). Ayant dû faire des choix à cause du manque de temps, j’ai arrêté de participer à des concours.

« Le pouvoir doit rester dans la main des éleveurs ! » 

Je ne conçois pas d’exercer ce métier d’éleveur seul et isolé sur mon exploitation. J’ai besoin sans cesse de communiquer avec les acteurs de l’élevage. Avec quelques amis, nous avons donc créé une association des jeunes éleveurs charolais des Ardennes en 1999. J’étais également délégué du Hbc (Herd-book charolais). Enfin, je suis vice-président d’Ardennes Conseil élevage où je m’occupe principalement de l’activité Bovin croissance.

Aux plus jeunes qui veulent devenir éleveurs, j'ai un message à leur faire passer : n'hésitez pas à vous engager professionnellement dans tous les organismes et associations, le "pouvoir" doit rester dans la main des premiers acteurs de nos filières, c'est à dire les éleveurs ! Certes, ils vont se heurter aux conservatismes de ceux qui n’ont aucun intérêt à ce que les choses changent, mais ça en vaut la peine. L’agriculture d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier et ne sera pas celle de demain ! Il faut sans cesse s’adapter. »

Christophe et les réseaux sociaux : 

« Facebook est pour moi un lieu d’échange avec d’autres éleveurs. Nous partageons nos différents points de vue et nos expériences. Mes deux sources d’information sont la radio et Facebook, je ne regarde quasiment plus les journaux télévisés. Facebook joue également un rôle commercial : les photos partagées d’animaux entraînent souvent un premier contact. »

Retrouvez Christophe Leclet sur Facebook : Christophe Leclet


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