Autoportrait d'agriculteur Elodie Gosselin, éleveuse en Seine-Maritime, défend l’élevage de plein air

Terre-net Média

Elodie élève des vaches normandes et des brebis sur son exploitation. Elle défend un système basé sur l’herbe et l’autonomie alimentaire. En partenariat avec Agriculture de l’Ouest, elle présente son exploitation et dresse son autoportrait.

Elodie GosselinElodie s'est installée en 2013 sur l'exploitation familiale. (©Elodie Gosselin)

«Je m'appelle Élodie Gosselin et j'ai 28 ans. Je suis célibataire et j'habite dans le département de Seine-Maritime, en Haute-Normandie. Joyeuse, j’aime beaucoup sortir. Mes deux grandes passions sont la musique que je pratique à titre amateur (clarinette et saxophone ténor) et l'élevage. Niveau études, j’ai obtenu un Bac STAE puis j’ai tenté un BTS Acse que je n'ai pas réussi à obtenir. Depuis février 2013, je suis installée sur la ferme familiale avec mes parents. J'ai choisi ce métier car je suis passionnée par l'élevage laitier, qui a d’ailleurs permis de sauver l'exploitation en 1992 lorsque le prix des moutons était au plus bas. J’adore être chaque jour en contact avec mes vaches, que ce soit durant la traite ou à la pâture.

Notre exploitation totalise 86 hectares dont 79 ha en prairies permanentes car nous sommes dans une zone herbagère. Elle compte 40 vaches laitières pour un quota de 240 000 litres. Tous les veaux mâles nés sur l'exploitation sont conservés pour faire des bœufs de trois ans finis à l'herbe. Ils partent dans une filière qui deviendra probablement label rouge. Les vaches sont de race normande sauf une Flamande qui est donc un peu la mascotte de l'exploitation. Les génisses vêlent vers l'âge de 30 mois.

Nous avons également 250 brebis de race texel et charolaise pour la viande. Elles agnellent en mars pour faire des agneaux finis à l'herbe.       

A la recherche de l’autonomie alimentaire

Notre objectif est de valoriser au maximum l'herbe. Les vaches pâturent donc d'avril à décembre. En été, la ration est composée d’herbe et de concentrés pour les animaux fraîchement vêlés. En hiver, les vaches mangent des betteraves fourragères, de l'enrubannage et des concentrés pour un niveau moyen d’étable de 6 200 litres sur 2014. L’année dernière, nous avons changé de système de traite : nous sommes passés de la traite d'étable à une salle de traite arrière 1*8. J'aimerais par la suite pouvoir vendre mon lait dans la filière AOC Neufchâtel car je remplis toutes les conditions.

Les bœufs et les génisses sont nourris avec de l'enrubannage de foin et des concentrés. Nous vendons également du foin et de l’enrubannage. Pour la première fois, cette année nous avons mis du triticale en boudin. Il sert en ce moment pour apporter de l’énergie dans la ration des vaches laitières afin de complémenter l'herbe. L'objectif est d’être le plus autonome possible. Cet hiver, le triticale sera destiné aux bœufs et génisses et sera complémenté de colza. En recherchant l'autonomie alimentaire, nous arriverons plus facilement à maîtriser nos charges et donc à mieux gagner notre vie, ce qui, au-delà de la passion pour l’élevage, est notre autre objectif.        

A l'avenir, je souhaite participer à des concours avec mes animaux car je suis passionnée de génétique. Tous les animaux sont inséminés artificiellement afin d'améliorer plus rapidement leurs performances génétiques.

Je trouve dommage qu'aujourd'hui les animaux ne voient plus l'herbe et que tout leur soit apporté à l'auge. Pour moi, cela ne donne pas une bonne image de notre métier. Je pense plutôt qu'un élevage en plein air reflète la qualité de nos produits et qu’un animal doit vivre dehors. C’est peut-être une vision décalée par rapport au monde d'aujourd'hui mais, en tout cas, c'est ma vision de l’élevage. »

Elodie et les réseaux sociaux

« Internet et plus particulièrement les réseaux sociaux me permettent de rencontrer des gens. Par exemple, grâce à Facebook, j'ai connu quelqu'un qui m'a, par la suite, vendu son tank. Mais il y a également de  tout qui circule sur Internet et ce n'est pas toujours favorable aux agriculteurs. J’essaie donc de défendre notre cause ! »

Retrouvez Elodie Gosselin sur Facebook : Elodie Gosselin.

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