Cession-transmission des exploitations P. Brousseau : « La crise accentue le déséquilibre du marché »

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Le marché de la transmission des exploitations agricoles se retrouve perturbé, depuis de nombreux mois, par l’amplification de la crise agricole. Directeur d’Altéor Transaction, une agence immobilière spécialisée dans la transmission d’exploitations, Pierre Brousseau doit faire face à un afflux de cédants. Mais les candidats à la reprise, moins nombreux, n’ont plus forcément la capacité financière à reprendre l’intégralité des capitaux.

Le marché de la transmission des exploitations agricoles est structurellement déséquilibré. Et il l’est de plus en plus. « Prenez la filière laitière. Un producteur de lait sur deux a plus de 50 ans », témoigne Pierre Brousseau.

Chaque année, le directeur d’Altéor Transaction, une agence immobilière spécialisée dans la transmission d’exploitations agricoles dans le Grand Ouest, voit de plus en plus de cédants frapper à sa porte. Mais côté acheteurs, les candidats à la reprise sont d’autant moins nombreux que la crise freine sensiblement les ambitions. « En lait, certains candidats reportent leur projet d’installation au regard de la conjoncture. »

Les modes de financement en question

Au-delà de la crise agricole, amplificatrice, selon lui, du déséquilibre démographique de ce marché de la transmission, Pierre Brousseau s’interroge sur l’évolution des exploitations et de ses conséquences sur leur « transmissibilité ». « Avec l’augmentation de la taille des fermes, les capitaux à reprendre sont de plus en plus importants. Et trouver un accord sur la valeur de cession de l’exploitation entre le cédant et l’acheteur est plus difficile. »

Malgré la conjoncture économique difficile dans de nombreuses filières, le spécialiste voit de plus en plus de personnes intéressées pour reprendre une exploitation, non pas pour l’exploiter eux-mêmes, mais en tant qu’investisseurs. « C’est un phénomène croissant. Ces investisseurs peuvent venir aider des repreneurs qui n’ont pas la capacité financière à reprendre l’intégralité des capitaux d’une exploitation, notamment dans le foncier. » Ceci dit, l’arrivée d’investisseurs ne règle pas tout « car le foncier, ciblé par ces personnes, reste une petite partie des capitaux à reprendre dans certaines activités. » De toute évidence, « l’évolution de la taille des exploitations doit faire réfléchir sur les modes de financement ».


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