Etats généraux de l'alimentation Les mesures agricoles qu'Emmanuel Macron annoncera mercredi à Rungis

Arnaud Carpon, avec AFP AFP

Emmanuel Macron annoncera mercredi à Rungis des mesures pour redonner du pouvoir aux agriculteurs dans la négociation face aux industriels et aux distributeurs, et augmenter leurs revenus, afin de bâtir des filières solides, travaillant à des objectifs communs, a indiqué l'Elysée mardi.

Emmanuel Macron, ici lors d'un discours à la Sorbonne en septembre 2017, annoncera une série de mesures conclusives au premier chantier des Etats généraux de l'alimentation, mercredi 11 octobre vers 17h, sur le marché national de Rungis.Emmanuel Macron, ici lors d'un discours à la Sorbonne en septembre 2017, annoncera une série de mesures conclusives au premier chantier des Etats généraux de l'alimentation, mercredi 11 octobre vers 17h, sur le marché national de Rungis. (©Terre-net Média)

Près de trois mois après le lancement des Etats généraux de l'alimentation qui réunissent tous les acteurs concernés, le président interviendra pour « donner un cap et sa vision pour l'alimentation en France » et si possible infléchir les pratiques avant les négociations commerciales de fin d'année entre les distributeurs et leurs fournisseurs.

L'objectif du gouvernement est d'« inverser la négociation » pour que les prix payés aux agriculteurs soient fixés à partir de leur coût de revient, sur lequel transformateurs et distributeurs appliquent ensuite leur marge. Emmanuel Macron veut aussi inciter les secteurs agricoles à s'organiser en filières, réunissant tous les acteurs de la chaîne, qui devront d'ici décembre fixer des objectifs et des engagements sur cinq ans, par exemple des pourcentages de production bio, de modes de production, un label de qualité, etc.

En bref, quelques mesures qu'Emmanuel Macron devraient annoncer mercredi 11 octobre :
  • L'inversion de la négociation pour que les prix payés aux producteurs tiennent compte de leurs coûts de production ;
  • L'incitation aux filières à définir d'ici décembre des objectifs et des engagements sur 5 ans ;
  • Le conditionnement du soutien à l'investissement de 5 Mds€ à la constitution d'interprofessions ;
  • Un objectif pour 2022 d'un taux de 50 % de produits bio ou locaux dans la restauration collective ;
  • L'adoption de textes législatifs d'ici décembre pour changer la LME ;
  • Conditionner certains dispositifs à la constitution d'organisations de producteurs ;
  • La possibilité de solliciter le médiateur des relations commerciales pendant la négociation.

La constitution de filières inter-professionnelles, encore incomplètes dans l'agroalimentaire en France, serait la condition pour qu'elles reçoivent une partie de l'enveloppe de 5 milliards d'euros prévue pour l'agriculture. « Il faut permettre aux agriculteurs de sortir de la dépendance aux aides grâce à un juste prix payé, il faut donc une meilleure répartition de la valeur aux bénéfices des agriculteurs », estime l'Elysée.

Dans certains secteurs, cela pourrait renchérir les prix. Le président veut aussi « stopper la guerre des prix bas » et rappeler son objectif pour 2022 d'un taux de 50 % de produits bio ou locaux dans la restauration collective. « Nous ne voulons pas d'une alimentation à deux vitesses mais que l'ensemble des Français ait accès à une alimentation de qualité », note l'Elysée.

Le gouvernement veut adopter des textes législatifs, sans exclure le recours à des ordonnances, pour changer la Loi de modernisation de l'économie (LME, qui régit les relations commerciales), d'ici décembre. Le gouvernement veut aussi encourager les producteurs à s'organiser pour commercialiser ensemble leurs produits. Il faut « conditionner certains dispositifs à la constitution d'organisation de producteurs et les accompagner pour définir des coûts de production et des indicateurs de marché », a ajouté la même source. Alors que les négociations commerciales annuelles sont sur le point de commencer, l'exécutif reconnaît « qu'il n'y a pas de baguette magique », et parle d'une « nouvelle philosophie » dans les rapports entre agriculteurs, industrie et grande distribution, très divisés. L'Elysée envisage aussi l'intervention de médiateurs de la négociation commerciale, directement pendant la négociation, « et non pas trois ans plus tard comme actuellement ».


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