Philippe.Mangin, Pdt Coop de France « L’intelligence commande une Pac 2014 flexible avec des aides contracycliques »

Terre-net Média

Les divergences entre l’Allemagne et la France rendent particulièrement difficile la possibilité de trouver un accord budgétaire, selon Philippe Mangin de Coop de France par ailleurs favorable à des aides flexibles.

Philippe Mangin, président de Coop de France est satisfait par la victoire syndicale remportée.
100 millions d'euros d'allègements de charges sociales. Philippe Mangin, président de Coop de France
est satisfait par la victoire syndicale remportée. (© Coop de France)
La réforme de la Pac se présente mal pour Philippe Mangin. A huit jours du premier congrès de l’Accoa (Alliance de coopératives agricoles Coop de France et In Vivo), le président de Coop de France a souligné la différence d’approche de la France et de l’Allemagne au Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement à Bruxelles les 22 et 23 novembre derniers.

« L’Allemagne milite pour une baisse du budget et ne veut pas entendre parler de verdissement pour préserver ses capacités de production tandis que la France veut obtenir ce qui a été décidé », commente Philippe Mangin. Dans ces conditions, parler des modalités de répartition des aides et de convergence est déplacé puisque le projet de réforme n’est viable que si le budget est maintenu. Mais surtout la rigidité du projet ne permet pas de caler la Pac à la réalité que vivent les agriculteurs.

« L’intelligence commande une Pac flexible avec des aides contracycliques. Il faut arrêter de s’attacher à un découplage et coller à l’Omc dont il ne reste plus rien de l’accord ». Philippe Mangin opte, en effet, pour des aides variables et recouplées pour moduler leurs montants en fonction de la conjoncture des marchés. Philippe Mangin reconnaît qu’il n’y a pas de raison de maintenir le montant des aides des céréaliers à leur niveau actuel compte tenu des prix auxquels sont les grains. La flexibilité des aides instaurera une solidarité plus forte entre les éleveurs et les céréaliers que celle attendue avec la mise en place du fonds de modernisation céréaliers-éleveurs (versement de 2€/t).

100 millions d'euros d'allègements

Mais cette réforme suppose une approche pluriannuelle du budget de la Pac et non pas annuelle comme c’est le cas actuellement.

Autre sujet d’actualité traité, « la victoire syndicale » remportée par Coop de France en parvenant à faire voter à l’Assemblée nationale un amendement permettant aux coopératives de bénéficier du même crédit d’impôt que les entreprises du privé, alloué dans le cadre du pacte de compétitivité lancé par le gouvernement. Les 100 millions annuels allégeront jusqu’à 6 % la masse salariale. Une manne bienvenue pour redonner de la compétitivité à des coopératives confrontées, comme les entreprises privées, à des distorsions sociales. Mais cet allègement de charges ne résoudra en rien les problèmes de fonds qui handicapent la rentabilité de ces coopératives. L’avantage fiscal n’était pas acquis puisque les coopératives ne sont pas, par leur statut, imposées à l’Impôt sur les sociétés.

Réaction de Momagri : de nouvelles perspectives pour la Pac


Momagri se félicite de la déclaration de Philippe Mangin, le président de Coop de France – Union InVivo , concernant la Pac 2014 et les nécessaires adaptations à effectuer sur le projet de réforme actuel.

« L’intelligence commande en effet une Pac 2014 flexible avec des aides contracycliques ». La flexibilité des aides est un moyen d’instaurer une solidarité plus forte entre céréaliers et éleveurs. C’est aussi l’unique moyen pour le secteur agricole et agroalimentaire, de maintenir sa position de fleuron de l’économie européenne.

Il est en effet capital de renforcer l’ambition et les moyens alloués à la Politique Agricole Commune pour la période 2014-2020, ciment de la construction européenne. Mais elle doit, pour cela, être modernisée afin de tenir compte des nouvelles réalités économiques : volatilité accrue des prix agricoles et des intrants, spéculation grandissante et non maîtrisée, contraintes budgétaires croissantes suite à la crise de la dette, montée de l’insécurité alimentaire mondiale.

Alors que la plupart des grandes puissances économiques et agricoles de la planète renforcent leurs soutiens à l’agriculture, Etats-Unis, Chine et Brésil en tête, l’Union européenne ne peut se permettre de « décrocher » , tant les défis à venir sont importants, aussi bien alimentaires que non alimentaires.

Il est donc primordial, de repenser la stratégie agricole européenne comme l’a fait Momagri dans son projet « Une autre Pac est possible », qui plaide en faveur :

  • de la flexibilité budgétaire, de manière à mieux « caler la Pac à la réalité que vivent les agriculteurs » via une approche pluriannuelle du budget de la Pac ;
  • de la mise en œuvre d’aides variables et contracycliques, de manière à optimiser, tant du point économique que budgétaire, l’efficacité des soutiens publics prodigués, en accord avec les nouvelles réalités de marché.

Des simulations ont été menées sur cette base par Momagri, et les résultats démontrent la pertinence de cette approche qui aboutit à :

  • une stabilisation des chiffres d’affaires moyens des agriculteurs à des niveaux rémunérateurs ;
  • une optimisation des budgets alloués permettant la création d’un fonds de réserve destiné à soutenir les marchés en cas de crise.

Enfin, cette réforme de la Pac préconisée par Momagri est Omc-compatible, même si cette contrainte est aujourd’hui moins contraignante du fait de l’impasse prolongée dans laquelle se trouve désormais le Cycle de Doha.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous