Vœux 2015 La CR rêve du « respect de la démocratie » et de la « fin de la cogestion »

Terre-net Média

La Coordination rurale entend faire de 2015 une « année différente » en portant à la tête de ses combats syndicaux « le respect de la démocratie ». Le deuxième syndicat demande notamment à siéger au Haut conseil de la coopération agricole et rêve de « la fin de la cogestion, fil rouge des problèmes rencontrés par les agriculteurs depuis des années ».

Représentants de la Coordination rurale, le 7 janvier 2015François Lucas, vice-président, Bertrand Venteau, secrétaire général, Bernard Lannes, président et Joris Miachon, responsable de la section Jeunes de la Coordination rurale, lors de la présentation des voeux 2015 à la presse mercredi 7 janvier 2015. (©Terre-net Média)

Pour les syndicats agricoles, l’année 2015 sera assurément différente de 2014. La loi d’avenir agricole, qui a concentré leur attention l’an dernier, est votée. Leurs nouveaux combats syndicaux se feront sur des dossiers plus dispersés. La Coordination rurale, qui présentait ses voeux à la presse mercredi 7 janvier 2015, compte se focaliser, entre autres, sur « la démocratie dans les instances agricoles », que ce soient les interprofessions, les coopératives, la Msa.

A l’occasion de son entretien au ministère de l’Agriculture le 8 décembre dernier, le deuxième syndicat agricole a déjà fait savoir à Stéphane Le Foll qu’il se battrait particulièrement sur ce sujet en 2015. La CR cible d’abord la coopération agricole. « Nous voulons que le ministre nomme un membre de chaque syndicat représentatif au Haut conseil de la Coopération agricole, seule instance en mesure de faire respecter l’éthique cooperative », insiste Bernard Lannes, le président de la CR. Sur les 12 membres composant le Hcca, cinq personnalités qualifiées sont nommées par le ministre.

Pour le syndicat, la « grande coopération » a complètement détourné son objectif initial « qui est de redonner la valeur ajoutée aux adhérents ». La CR dénonce les montages financiers et la multiplication des filiales, au sein desquels le principe coopératif n’est pas respecté selon elle. « Les coopératives externalisent les plus-values via ces filiales qui ne les redistribuent pas. »

La CR veut davantage de pluralisme syndical dans d’autres instances, comme la conférence environnementale, où seule la Fnsea est invitée. De même que dans le cadre des négociations en matière sociale. Seul le syndicalisme majoritaire peut y participer en tant que représentant des employeurs de main-d’œuvre. « Nous voulons faire entrer la CR partout où sa place est légitime », expliquent de concert Bernard Lannes, François Lucas, vice-président, Bertrand Venteau, secrétaire général et Joris Miachon, responsable de la section jeunes.

Au niveau interprofessionnel, les choses avancent pourtant en matière de démocratie. Depuis fin 2014, la Coordination rurale siège à Interbev et Interfel, les deux interprofessions de la viande bovine, des fruits et légumes frais. Le syndicat assure qu’il devrait entrer au Cniel, l’interprofession laitière, d’ici la fin du premier semestre 2015, une fois sortis les décrets d’application de la loi d’avenir agricole publiés. La Confédération paysanne, elle, a intégré le Cniel dès mars 2014. La CR devrait également siéger à l’Inaporc courant 2015.

Elections Msa, un « scandale démocratique »

Si la Coordination rurale rêve ainsi d’une « grande coopération qui se remet au service de ses adhérents et d’une présence syndicale dans toutes les interprofessions », certains de ses rêves ne seront pas réalité à ses yeux. Le syndicat critique ainsi les conditions d’organisation des élections Msa, dont le scrutin se déroule du 12 au 27 janvier 2015.

« Candidatures illégales mais acceptées par certaines caisses, arrêté ministériel trop tardif, manque d’information pour les électeurs….» : sa liste des griefs est longue. « Les électeurs ne peuvent pas savoir de quelle organisation syndicale se revendiquent les candidats individuels, ce qui est totalement antidémocratique », s’insurge Bernard Lannes. La Fnsea, davantage en capacité de proposer des candidatures groupées, « se retrouve souvent seul syndicat clairement identifié ».

« Malgré le changement de Gouvernement en 2012, qui pouvait nous laisser croire que le respect de la démocratie dans le secteur agricole serait mieux respectée, force est de constater que la cogestion reste le fil conducteur des problèmes de notre agriculture », poursuit François Lucas.


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