Négociations commerciales alimentaires Les chambres d'agriculture appellent à « maintenir la pression »

Arnaud Carpon, avec AFP Terre-net Média

A l'occasion de la rentrée d'automne de l'APCA mercredi 5 septembre 2018, Claude Cochonneau, le président des chambres d'agriculture, a exprimé son inquiétude sur le déroulement des prochaines négociations commerciales annuelles. Alors que la loi Alimentation revient à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale la semaine prochaine, il demande au ministre de l'agriculture de « maintenir la pression » sur les distributeurs et les industriels de l'agroalimentaire, et suggère de réunir à nouveau tous les signataires de la charte de bonne conduite.

Claude Cochonneau, président de l'APCA, entouré des membres du bureau de l'APCA et de Jean-Marie Lenfant, président de Bienvenue à la ferme.Claude Cochonneau, président de l'APCA, entouré de membres du bureau de l'APCA et de Jean-Marie Lenfant, président de Bienvenue à la ferme. (©Terre-net Média)

« On voit arriver avec beaucoup d'inquiétude la reprise des négociations commerciales, avec en fait à peu près rien de changé depuis un an, même s'il y a eu les Etats généraux de l'alimentation, même s'il y a eu la signature en novembre 2017, à grand renfort de communication, d'une charte d'engagement des différents partenaires », a déclaré Claude Cochonneau, président des chambres d'agriculture, lors de sa conférence de presse de rentrée à Paris.

« Avant l'été, j'avais (...) suggéré au ministre de réinviter dès la rentrée les signataires de la charte pour entretenir la flamme entre nous », a-t-il expliqué. « On s'est embrassés presque sur la bouche il y a un an, il faut entretenir des relations, il ne faut pas les laisser s'étioler », a-t-il dit. « Sinon je crains que les agriculteurs ne soient vraiment déçus de ces débats et de ce qui va en sortir. »

Le président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture s'est aussi inquiété du retard pris par le vote de la loi Alimentation, censée permettre de fixer des prix plus rémunérateurs pour les agriculteurs qui ne parviennent pas à vivre de leur production face aux pressions à la baisse des industriels et de la distribution.

Après avoir échoué à trouver un accord en commission mixte paritaire au Parlement au printemps dernier, le texte doit en effet revenir à l'Assemblée le 12 septembre. Claude Cochonneau a fait valoir que la plupart des filières agricoles (blé, maïs, viande bovine, produits laitiers, etc.) ont répondu aux souhaits de l'Elysée et « se sont mises en ordre de marche » pour se structurer afin de mieux pouvoir négocier leurs prix face à la puissance de feu des distributeurs, mais qu'elles n'ont rien vu venir en échange. « Il s'agit de dire au ministre : "ne lâchez pas". S'ils (distributeurs et industriels) sentent que l'épée les pique un peu moins dans le dos, ils vont reculer. On a des échos, nos craintes sont justifiées », a-t-il insisté.

Réagissant aussi au contexte climatique de ces derniers mois, avec notamment la sécheresse qui a sévi sur la quasi-totalité de l'Hexagone, les représentants des chambres d'agriculture insistent pour que le Gouvernement fasse bouger les lignes du dossier du stockage de l'eau. « Le stockage de l'eau l'hiver pour pouvoir l'utiliser quand il y en a besoin constitue le meilleur moyen de sécuriser le revenu des agriculteurs. C'est tellement évident qu'on hésite à le rappeler », a expliqué Claude Cochonneau.


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