Travail du sol : du labour au semis direct Comparatif techniques, économiques et agronomiques

Pierre Criado, Terre-net Web TV Terre-net média

Aujoud’hui, il y a trois grandes raisons pour inciter les agriculteurs à utiliser des Tcsl. Libération du temps de travail, diminution des charges de mécanisation et amélioration de la qualité de sol. Jérôme Labreuche, animateur du pôle agro-équipement à la station expérimentale Arvalis de Boigneville, détaille.

Le temps de travail et l’organisation de la main d’œuvre. « Il y a des gains de l’ordre d’une heure hectare voire même d’une heure et demi. Par exemple, nous allons passer de 4 heures hectares toutes opérations confondues à 2,5 heures pour le semis direct. Ce qui est un aspect très important» explique l’animateur d’Arvalis en ajoutant que le métier d’agriculteur est aujourd’hui beaucoup plus complexe et que « libérer du temps n’est jamais anodin sur une exploitation ». 

Tableau 1 : « C’est une réduction du temps sur le tracteur,
ce n’est pas forcément une réduction du temps global »

Euros/ha/culture

Labour

Travail
superficiel

Semis
direct

Capital investi matériel (€/ha)

2796

2429

2379

Puissance de traction (cv/ha)

2.8

1.8

1.8

Carburant (l/ha)

78

60

49

Temps de travail (h/ha)

3 h 55 mn

3 h 00 mn

2 h 30 mn

 

Des résultats issus des moyennes
de 10 années de tests

Ce bilan économique de l’essai « travail du sol longue durée » est issu de travaux d’Arvalis. Les résultats sont des moyennes réalisées sur les dix dernières années (de 1998 à 2008). La surface d’utilisation du matériel est de 120 ha. Quelques exemples de prix retenus : blé 120€/t, azote : 1€/unité, fuel 0,45€/litres, glyphosate 10€/litre.

Côté culture, deux rotations ont été étudiées : betterave-blé-pois-orge printemps et maïs-blé.

Toutefois, cette diminution du temps « de travail» ne prend pas en compte les périodes d’observation du sol, et de la culture. « C’est une réduction du temps sur le tracteur, ce n’est pas forcément une réduction du temps globale. Par contre, le jour où l’on doit faire des observations dans les parcelles, elles sont souvent plus rapides et mieux ciblées. C’est une démarche globale. »

Le tableau 1 met également en évidence la diminution des puissances de traction nécessaire pour les opérations de travail du sol. Elles passent de 2,8 cv/ha à 1,8, ce qui se ressent au niveau de la consommation du carburant par hectare : de 78 litres pour le labour à 49 litres pour le semis direct.

Tableau 2 : La marge nette comparée est sensiblement
la même pour ces trois techniques culturales

Euros/ha/culture

Labour

Travail
superficiel

Semis
direct

Produit (dont aides)

1492

1460

1473

Charges opérationnelles

dont désherbage

578

78

598

104

626

127

Charges de mécanisation

327

284

272

Main d’œuvre dont Msa

144

132

126

Autres charges

272

272

272

Marge nette

171

175

179

 De 171 €/ha pour le labour à 179 pour le semis direct

Au final, la marge nette comparée est sensiblement la même pour ces trois techniques culturales. De 171 €/ha pour le labour à 179 pour le semis direct. Concernant les produits avec aides Pac, ils sont similaires à quelques euros près. Ce qui varie fortement ce sont les charges opérationnelles, avec comme facteur différenciant le coût du désherbage (dû à la dépendance des techniques simplifiées pour le glyphosate et à la forte augmentation de son prix).

Les intérêts agronomiques

Concernant la mécanisation et leurs charges, « les faire baisser dans le contexte actuel et surtout pour les céréaliers, c’est quand même intéressant. Cela suppose de réduire le parc matériel et surtout de réduire de manière importante le nombre d’heure d’utilisation, donc de simplifier les opérations de travail du sol, et indirectement alléger la facture en charge de mécanisation » précise Jérôme Labreuche. Sur cette étude, les charges de mécanisation passent de 327€/ha pour le labour à 272€/ha pour le semis direct.

La modification du comportement du sol est également un élément conséquent dans l'utilisation des techniques culturales simplifiées. Ces facteurs ne ressortent pas ces tableaux, mais sont présentés dans la vidéo située dans l'encadrée : les intérêts agronomiques.

Pour plus d’informations sur les techniques culturales simplifiées, cliquez sur les titres suivants :

Travail du sol - Travail superficiel, semis direct ou labour : « Les techniques sont proches économiquement » (en vidéo)

Avenir des techniques culturales simplifiées - Avec ou sans glyphosate, quel avenir ? Interview.

Retour sur expérience : culture sans labour - « On voit que le comportement du sol évolue » (en vidéo)


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