; Encore de nombreux contrats à signer entre GMS et industriels

Dernier jour de négociation commerciale « Ça va être un petit peu dur » selon le médiateur

AFP

Il reste encore de nombreux contrats à signer entre la grande distribution et ses fournisseurs avant la clôture mardi soir de leurs négociations annuelles qui déterminent une partie du revenu des agriculteurs, ont souligné mardi les acteurs de la chaîne alimentaire.

« Ça va être un petit peu dur en cette dernière journée », a résumé mardi lors d'une table ronde au Salon de l'agriculture le médiateur des relations commerciales agricoles, Thierry Dahan, saisi de plusieurs dizaines de dossiers d'entreprises ne parvenant pas à se mettre d'accord.

Supermarchés et industriels ont jusqu'à minuit pour s'accorder sur le prix des légumes en conserve, du fromage râpé et du steak haché qui seront vendus pendant l'année. Une issue très attendue par le monde agricole qui fournit l'industrie agroalimentaire, alors que la majorité présidentielle a érigé en « mère des batailles » l'amélioration du revenu des agriculteurs.

« Si nous ne sommes pas en mesure de consolider le revenu de nos agriculteurs, demain nous délocaliserons notre agriculture », a affirmé le ministre de l'agriculture Julien Denormandie mardi, soulignant que l'invasion de l'Ukraine par la Russie rappelait que « notre souveraineté alimentaire (était) absolument impérieuse ».

Juste avant la table ronde, des contrats portant sur la viande bovine, la charcuterie ou le lait ont été signés devant la presse. « Ce n'est pas parce qu'on a signé des contrats qui sont bons qu'on est au bout des choses. Il faut que tous les contrats soient bons », a prévenu le ministre, promettant une « pression dantesque vis-à-vis de ceux qui ne jouent pas le jeu ».

Récemment promulguée, la loi Égalim 2 oblige industriels et supermarchés à tenir compte des coûts de production des agriculteurs, notamment l'alimentation du bétail qui flambe. « Sans Égalim 2, ce serait un désastre au moment où on se parle », a-t-il estimé.

La présidente du syndicat agricole majoritaire FNSEA Christiane Lambert, qui défend « fermement » cette loi, s'est dite « déçue de voir que les vieilles habitudes étaient encore là ».

Alors les Français se sont rués au supermarché pendant la crise sanitaire, « les distributeurs sont arrivés les poches pleines et une volonté de baisser, baisser » leurs prix d'achat, a-t-elle déploré. « Si mon industriel met la clé sous la porte, je vends à qui l'année prochaine ? » a-t-elle vivement interrogé.

La part revenant aux agriculteurs « n'a pas été discutée et ça c'est une bonne chose », a tempéré le président de Système U Dominique Schelcher, estimant que l'inflation serait « significative cette année » pour les Français.


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