AgroParisTech Cession controversée par l'État du domaine de Grignon au groupe Altarea

AFP

Un collectif d'anciens élèves d'AgroParisTech a protesté mercredi contre la vente du vaste domaine de Grignon et de son château du XVIIe siècle, dans les Yvelines, attribué par l'État au groupe Altarea.

L'association Patrimoine AgroParisTech-Grignon 2000 rappelle avoir présenté avec la communauté de communes Cœur d'Yvelines un projet alternatif pour créer un centre international, avec des laboratoires et des accélérateurs de start-up, autour des questions liées à l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, tout en ouvrant au public le domaine de 300 hectares.

Alors que l'école d'ingénieurs est en train de déménager vers le plateau de Saclay, le groupe Altarea, avec ses filiales Patrimoine & Histoire et Cogedim, déclare mercredi dans un communiqué être « porteur d'un projet respectueux de l'environnement naturel et du patrimoine du site » et « de son bâti ». Il s'engage à « rendre la forêt accessible au public » et à «  créer un sanctuaire écologique propice au développement de la biodiversité ». Mais le promoteur projette aussi « une programmation résidentielle adaptée » avec « de nouvelles constructions parfaitement intégrées sur des zones déjà urbanisées » ainsi que « l'implantation de commerces de proximité en circuits courts portés par des artisans de bouche franciliens ».

La perspective de voir les 20 hectares du domaine aujourd'hui occupés par le campus universitaire être transformés en logements ne réjouit pas le délégué général de Grignon 2000 Mathieu Baron, qui craint pour la pérennité de la préservation des forêts et des terres agricoles. Il a déclaré à l'AFP que son association « réfléchissait à un recours devant le tribunal administratif ». Il rappelle qu'en 2015-2016, le collectif s'était déjà mobilisé contre un projet de rachat de Grignon par le PSG. Cette année, de la mi-mars à début avril, une centaine d'étudiants avaient bloqué le campus de Thiverval-Grignon pour protester contre la vente du site, alors que les offres de rachat ont été déposées le 26 mars.

Interrogés sur ce dossier, le ministère de l'économie, qui gère le patrimoine immobilier de l'État, et le ministère de l'agriculture n'avaient pas répondu mercredi soir à l'AFP.


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