Tout a commencé il y a 25 ans, avec une collecte qui grimpait à quelques milliers de tonnes, et seulement trois types déchets agricoles ramassés. Un quart de siècle plus tard, A.D.I.Valor a récolté, en 2025, 106 500 tonnes de détritus (90 % ont ensuite été recyclés), un nouveau record, et gère 25 déchets différents. Et ce n’est pas fini : « L’intégration d’autres déchets tels que les emballages des plastiques agricoles, les emballages de semences potagères et gazons, et les cartons groupeurs est planifié sur 2026 », annonce l’éco-organisme, à l’occasion du Salon international de l’agriculture.
Cette réussite ne masque pas les difficultés de la filière. Un prix mondial du pétrole bas, des importations de plastiques d’Asie aux prix imbattables, la fermeture en Europe de 100 unités de recyclage depuis 2023… « Le problème est simple, le plastique recyclé coûte plus cher que le plastique vierge », résume Christophe Grison, le président d’A.D.I.Valor. Il y a 4 ans, recycler une tonne de plastique rapportait 30 € par tonne à l’éco-organisme. Aujourd’hui, cette valeur est négative : il en coûte 8 € par tonne.
Une démarche désormais bien ancrée
La filière croit en des jours meilleurs, notamment avec l’évolution annoncée de la réglementation européenne qui fera, de plus en plus, la part belle au recyclage. « Nous savons que cette démarche incarne l’avenir. Il faut tenir pendant ces années difficiles », confie Ronan Vanot, le directeur général d’A.D.I.Valor.
D’autant que du côté des agriculteurs, le réflexe est désormais bien ancré. En 2025, plus de 300 000 ont participé aux opérations de collecte, à l’image de Noël Danilo, éleveur laitier dans le Morbihan et pionnier du recyclage, et de son fils Samuel, qui a pris la relève de ces bonnes pratiques. « C’est naturel. Chaque intervenant sur l’exploitation est sensibilisé à la gestion des déchets dès son arrivée », racontent-ils. 7 500 points de collecte sont répartis sur toute la France.
Les industriels ont également largement pris conscience de l’importance du recyclage. « C’est ancré dans les mœurs, assure Marie Torpier, responsable chez Soufflet Agriculture, qui rayonne sur 33 départements. Nous sommes à plus de 100 % de collecte, car nous récupérons aussi des déchets de produits que nous n’avons pas vendus ». 650 metteurs en marché, industriels ou importateurs, contribuent actuellement au financement de la filière, via une éco-contribution spécifique.
L'accent mis aussi sur le réemploi
Outre des prix décents et compétitifs, l’autre challenge de la filière est « la réintroduction, directement dans l’agriculture, en circuit fermé et sans surcoût, des plastiques usagés de l’agriculture », avance Fabien Virmont, responsable de Cordex, une entreprise productrice de plastique. Si cela se fait déjà assez simplement pour les ficelles, le challenge technique est plus ardu pour les bidons, avec la question des résidus de produit. Des recherches sont en cours.
Enfin, A.D.I.Valor va s’attaquer dans les prochaines semaines à un sujet d’avenir, et encore plus efficace que le recyclage pour l’avenir de la planète, le réemploi. Un guide va notamment être publié.