Projet stratégique « 2025 by Invivo » Le groupe coopératif Invivo veut être deux fois plus gros dans 10 ans

Terre-net Média

Grâce à des acquisitions et partenariats à l’international, dans plusieurs entreprises et secteurs d’activité, Invivo lance un projet stratégique sur 10 ans pour devenir un acteur agricole majeur sur la scène mondiale. Le groupe coopératif assure que ce développement « ne se fait pas sur le dos des adhérents, mais en dehors ».

Thierry Blandinières, directeur général d'Invivo, et Philippe Mangin, président de Coop de FranceThierry Blandinières, directeur général d'Invivo, et Philippe Mangin, président de Coop de France, lors de la présentation des résultats d'Invivo mardi 16 décembre 2014. (©Terre-net Média)

Premier groupe coopératif français d’achats, de ventes et de services du secteur agricole, Invivo a de l’appétit ! Avec son projet stratégique "2025 by Invivo" présenté en septembre dernier à plus de 450 de ses responsables internationaux, Invivo veut doubler sa taille d’ici dix ans, pour rivaliser avec les plus grands groupes agricoles sur la scène internationale. « Invivo doit être la tête de pont de l’agriculture française et mondiale », assure Thierry Blandinières, directeur général du groupe depuis fin 2013, alors que se tient le congrès de la Coopération agricole les 17 et 18 décembre 2014 à Paris.

Une ambition dans la droite ligne de celle du président de Coop de France Philippe Mangin, partisan d’une croissance des coopératives de taille moyenne pour que ces dernières soient moins sensibles à la volatilité des prix. Pour réaliser ses ambitions, le groupe actuellement à la 5e place européenne et à la 15ème place mondiale du classement des coopératives, « affiche sa volonté d’accroître son internationalisation. »

Après deux années difficiles, Invivo a réalisé un résultat net de 15,8 M€ en 2013-2014 pour un chiffre d'affaires de 5,7 milliards d’euros, dont 54 % réalisés en France. Ce chiffre d'affaires est néanmoins en recul de 7,7 %, à cause de la baisse des cours des matières premières agricoles, notamment les céréales. D’ici 2025, le groupe veut multiplier son résultat net par plus de 6, pour atteindre 100 M€.

Une gouvernance entrepreneuriale assumée

Pour y parvenir et concurrencer directement les grands groupes coopératifs étrangers, Invivo opère un changement de gouvernance. Invivo Group, une « holding pivot » vient désormais chapeauter ses trois grands pôles : Agriculture (semences, agrofournitures, grains), nutrition et santé animales, distribution grand public et agroalimentaire. La collecte et l’appro, les deux activités historiques de la coopérative, restent au sein d’Union Invivo.

Les dirigeants assument cette nouvelle gouvernance entrepreneuriale, mieux adaptée selon eux au développement à l’international. Le Conseil d’administration ne sera plus composé uniquement d’élus agriculteurs et représentants de coopératives adhérentes. Il va désormais s’ouvrir à des directeurs de coopératives, qui n’avaient, pour l’heure, que des postes de « personnalités qualifiées » sans droit de vote. Sur 30 administrateurs, un tiers seront des directeurs de coops. « L’objectif de cette nouvelle organisation est d’être plus réactif dans les décisions stratégiques ».

Mais les représentants du groupe tiennent à rassurer. « La richesse actuelle et future d’Invivo ne se fait pas sur le dos des adhérents », explique Jérôme Calleau, président délégué du groupe et président de la Cavac. « Cette croissance se fait en dehors. »

« Big data » et biocontrôle

Le groupe entend cibler son développement sur quelques secteurs d’activité stratégiques. Le rachat en 2014 de Maferme-Néotic, spécialiste des systèmes d’information pour le monde agricole, préfigure les ambitions du groupe en matière de « big data » agricole, l’exploitation de données à très grande échelle. « Trois millions d’hectares sont aujourd’hui suivis par des outils d’Invivo », explique Thierry Blandinières.

A terme, Invivo souhaite disposer et gérer pas moins de 40 % des données agricoles pour devenir le leader européen des systèmes d’information. Ses investissements dans Life Scientific, société de R&D sur les produits phytos postbrevet, augure aussi un développement dans le domaine de l’agriculture de précision. 10 à 30 M€ devraient être investis dans la biomécanique, les capteurs embarqués, la télédétection ou les drones dans les prochaines années. « Demain, cette palette de solutions s’étendra aux produits de biocontrôle », avec 5 M€ par an investis dans ce domaine.

Distribution :  Quatre ou cinq magasins « Frais d’ici » d’ici trois ans

Invivo, qui a ouvert son premier magasin de produits locaux « Frais d’ici » à Portet-sur-Garonne, dans l’agglomération toulousaine, ne compte pas s’arrêter là. D’ici deux ou trois ans, le groupe veut ouvrir trois ou quatre magasins « pilotes » supplémentaires dans l’Hexagone. Le prochain magasin sera sans doute implanté à Dijon, à la rentrée 2015. Un autre à Bordeaux devrait voir aussi le jour.

Pour ce type de magasin, « tout l’enjeu réside dans l’emplacement », explique Thierry Blandinières, directeur général d’Invivo. Le groupe souhaite en trouver un en Bretagne et dans le Nord.

A terme, si les résultats sont au rendez-vous, Invivo veut faire de « Frais d’ici » une franchise, pour un développement exponentiel de la marque et contrer plus rapidement la grande distribution.

Mais à Toulouse, le démarrage du magasin semble plus timide que prévu. Avec un objectif initial de 4 M€ de chiffre d’affaires la première année, « la tendance est plutôt à 3,2 M€ ». « Mais ce n’est que le début », tempère Thierry Blandinières.


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