Méthanisation Mauritz Quaak (Saf): « L’injection directe du gaz offrira une rentabilité nettement supérieure à la cogénération »

Arnaud Carpon, Terre-net Web TV Terre-net Média

Depuis le 22 novembre 2011, les agriculteurs ayant un projet de méthanisation peuvent envisager l’injection directe du biogaz produit au réseau de gaz naturel, au lieu de produire de l’électricité par cogénération. Polyculteur-éleveur en Seine-et-Marne, Mauritz Quaak, qui projette de construire une unité de méthanisation avec injection directe, a participé activement aux travaux préparatoires à l’élaboration de cette nouvelle réglementation. Pour lui, l’injection directe sera, pour les nouveaux projets, plus rentable que la cogénération, à condition toutefois que l’Etat soutienne cette nouvelle filière par des tarifs de rachat attractifs.

Le ministère de l’Ecologie a publié, le 22 novembre 2011, les décrets autorisant l’injection directe dans le réseau de gaz naturel du biogaz produit à partir d’une unité de méthanisation. Selon ces textes, cette possibilité d’injection directe n’est accessible qu’aux nouveaux projets d’unités. Toutes les unités déjà mises en service, et faisant l’objet d’un contrat de rachat de l’électricité, ne peuvent être modifiées.

Actuellement, le biogaz de toutes les unités françaises de méthanisation est valorisé par cogénération : le cogénérateur produit à la fois de l’électricité renvoyée dans le réseau Edf, et de la chaleur qu’il convient de valoriser. 

 

Méthanisation :
la France ne rattrapera pas l’Allemagne de sitôt

En autorisant l’injection directe du biogaz dans le réseau de gaz naturel, le gouvernement entend donner un nouveau souffle au développement de la méthanisation.
Mais l’ambition de rattraper le retard pris par la France sur nos voisins allemands sera vaine. Avec seulement 200 unités environ, la France compte booster le nombre d’installations avec un objectif de 1.500 unités à l’horizon 2020 quand l’Allemagne en compte déjà 3.000.
Grâce à cette nouvelle possibilité, le ministère de l’Ecologie espère atteindre 23 % d’énergies renouvelables en 2020.

Mauritz Quaak, polyculteur à Chaumes-en-Brie, en Seine-et-Marne, sur une exploitation isolée, projette depuis plusieurs mois de construire une unité de méthanisation dont le biogaz serait injecté directement dans le réseau. L’isolement de son exploitation ne lui permet pas, en effet, de valoriser la chaleur.

Selon lui, « la cogénération s’avère difficilement rentable lorsque la valorisation de la chaleur ne peut être optimisée. L’injection directe présente une performance énergétique, et donc une rentabilité, de 85 %, contre seulement 38 à 40 % pour la cogénération. » 

Le tarif d’achat du biogaz injecté est constitué d’un tarif de référence compris entre 95 et 45 euros/MWh pour un débit compris entre 50 et 350 m3/h. A ce tarif s’ajoute une prime comprise entre 2 et 3 c€/kWh si les intrants sont composés exclusivement de déchets ou de produits issus de l’agriculture ou de l'agro-industrie. Dans le meilleur des cas, cette prime permet de porter le tarif à 125 €/MWh.

Mauritz Quaak, polyculteur-éleveur à Chaumes-en-Brie, en Seine-et-Marne.
Mauritz Quaak, polyculteur-éleveur à Chaumes-en-Brie,
en Seine-et-Marne. (© Terre-net Média)

 


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