Approvisionnement local Structurer l’offre, enjeu majeur pour développer les circuits courts

Terre-net Média

Magasins à la ferme, approvisionnement direct de la restauration collective, et maintenant drives fermiers…. Les initiatives d’approvisionnement local qui se multiplient sur le territoire doivent désormais franchir une nouvelle étape nécessaire à leur développement : celle de la structuration de l’offre. Un enjeu pour lequel les Chambres d’agriculture entendent se mobiliser.

démarche le petit producteurOutre l'approvisionnement local des enseignes de la grande distribution (comme ici la démarche "le petit producteur"), les débouchés locaux contractualisés avec les collectivités constituent un important potentiel pour les agriculteurs. (©Terre-net Média)

Depuis le lancement, il y a 25 ans, du réseau Bienvenue à la ferme, l’offre d’approvisionnement local par les agriculteurs s’est considérablement développée. Outre les 6.500 agriculteurs de ce réseau, dont bon nombre commercialisent une partie de leur production directement à la ferme, de nombreux agriculteurs se sont lancés, individuellement ou collectivement, à l’assaut de débouchés locaux.

Guy Vasseur, le président de l’Apca, l’a semble-t-il bien compris. Depuis sa première élection, en 2010, à la tête des Chambres d’agriculture, il a toujours porté au rang de ses priorités le développement de ces circuits directs de commercialisation pour les collectivités. Un développement qui se heurte aujourd’hui à des difficultés de structuration de l’offre. Pour preuve, il apparaît très difficile de dresser un panorama national précis de l’offre en matière d’approvisionnement local.

Pour pallier ces difficultés, plusieurs Chambres d’agriculture départementales et régionales, avec une vingtaine de partenaires, à travers le projet "Realisab" (Restauration et approvisionnement local – identifier des systèmes adaptés aux besoins) ont décidé de proposer des outils de conseils et d’accompagnement pour les agriculteurs désireux de conquérir le marché des collectivités locales. Ces outils consistent en des questionnaires, guides et fiches conseils pour que les agriculteurs puissent se poser les bonnes questions et y répondre avant de se lancer.

Autre initiative des Chambres d’agriculture, le logiciel "mes produits en ligne" permet aux agriculteurs de créer leur boutique en ligne. 30 sites internet, dont quelques drives fermiers récemment ouverts, ont été créés via cet outil.

En Ariège, 300.000 repas par an

Parmi les nouveaux débouchés locaux, la restauration collective est sans doute celui qui offre le meilleur potentiel pour les agriculteurs. Dans le département de l’Ariège, par exemple, ce potentiel est de l’ordre de 3 millions de repas par an.

Depuis 2011, une société coopérative d’intérêt collectif, portée par la Chambre d’agriculture de l’Ariège et regroupant environ 70 producteurs, offre environ 300 produits différents à la restauration collective du département. Pour ces agriculteurs, la restauration collective constitue un débouché pour trois ans, avec une révision annuelle des prix.

Fin 2013, la société a livré 300.000 repas, dont la moitié en produits bio. « Avant la création de cette plate-forme, nous plafonnions à 80.000 repas par an », souligne François Toulis, le président de la Chambre d’agriculture de l'Ariège. La création de la Scic a ainsi permis de structurer l’offre de produits locaux et de franchir un cap dans le développement de ce débouché.

Toutefois, de nombreux freins subsistent. « La parole politique, toujours nourrie de bonnes intentions à l’égard de l’approvisionnement local, n’est pas relayée dans les faits, explique François Toulis. Les responsables de la restauration collective ont leurs habitudes voire certaines consignes à respecter. Il est difficile de faire évoluer les pratiques. »

Pour les collectivités, il s’agit d’outrepasser la question du prix. « Pourtant, avec des produits 10 ou 20 % plus chers, la hausse du prix du repas n’est que de quelques centimes » argumente l’élu professionnel.

Quant à la législation sur les appels d’offres, elle a bien été modifiée en août 2011. Pour juger de l’offre économiquement la plus avantageuse, la collectivité peut désormais se fonder sur des critères liés au prix, à la qualité ou aux « performances en matière de développement des approvisionnements directs de produits de l’agriculture ». Mais répondre à un appel d’offres reste administrativement contraignant.

Reste que, pour les élus des Chambres d’agriculture, l’avantage économique de cette valorisation locale des productions agricoles est indéniable pour les territoires en termes d’emploi. Selon eux, sans toutefois apporter de chiffres précis, les exploitations agricoles qui vendent en direct, individuellement ou collectivement, emploieraient davantage de main-d’œuvre que les autres.


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