Protéines Ynsect prend son envol avec une levée de fonds de 125 millions de dollars

AFP

L'entreprise française Ynsect, qui revendique un statut de leader mondial des protéines alternatives, annonce jeudi une levée de fonds de 125 millions de dollars (110 millions d'euros) afin de développer la production d'insectes pour l'alimentation animale et les engrais organiques.

Cet investissement, qui représente « le plus grand tour de table hors États-Unis » dans les protéines alternatives selon le PDG Antoine Hubert, doit permettre de construire un site d'élevage d'insectes dans la commune de Poulainville (Somme), à la périphérie d'Amiens. L'entreprise avait déjà une ferme à Dole, dans le Jura, et un siège basé à Evry, près de Paris.

Elle espère, grâce à cette nouvelle ferme verticale, baptisée Ynfarm, prévue pour être mise en service en 2021, produire jusqu'à 20 000 tonnes de farine d'insectes. « On pourra probablement faire significativement plus » à terme, car « on a une grande réserve foncière sur le site de Poulainville », se réjouit Antoine Hubert, dans un entretien à l'AFP. L'entreprise, dotée d'un carnet de commandes de 70 millions de dollars pour les quatre prochaines années, produit cette farine pour des animaux domestiques (chiens et chats) et les poissons d'élevages, « du saumon à la crevette, en passant par la truite ou le bar », précise Antoine Hubert. Chiens, chats et poissons représentent à eux trois « plus de 100 milliards » sur les 500 milliards de dollars que représente le marché mondial de la nourriture animale, selon Antoine Hubert.

Il chiffre le marché des fertilisants à 200 milliards de dollars. L'entreprise a sélectionné un petit scarabée, le molitor, pour ses qualités nutritionnelles et sa capacité de reproduction, laquelle « peut monter très fortement grâce au fait qu'il aime bien vivre en groupe », selon Antoine Hubert.

La démarche présente également un intérêt sur le plan environnemental : les protéines d'insectes utilisées en aquaculture peuvent se substituer à la farine et à l'huile de poisson. Ces matières premières sont fabriquées à partir de la pêche minotière (sardines, anchois), souvent pointée du doigt pour mettre en péril la sécurité alimentaire des populations de pays en voie de développement.

Ynsect emploie actuellement 105 personnes. Elle prévoit de recruter pour commencer 70 personnes supplémentaires pour son site amiénois. La majorité des investisseurs historiques d'Ynsect (Bpi Ecotechnologies, Quadia, Demeter et Vis Vires New Protein Ventures) participent à ce nouveau tour de table mené par Astanor Ventures, avec IdInvest Partners, BPI large Venture, Crédit Agricole Brie Picardie, Caisse d'Epargne Hauts-de-France et Picardie Investissement (France), Finasucre et Compagnie du Bois Sauvage (Belgique), Talis Capital (UK), Happiness Capital (Hong Kong) et un family office singapourien.


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