CGB L'éthanol en direct dans l'essence, "petite révolution" pour les betteraviers

AFP

PARIS, 9 décembre 2003 - Les betteraviers français vivent comme une "petite révolution" l'autorisation prochaine de l'utilisation directe du biocarburant éthanol dans l'essence. "Enfin le bon sens l'a emporté. On va pouvoir passer du tuyau d'arrosage au pipeline", s'est félicité mardi Dominique Ducroquet, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), lors d'une conférence de presse à la veille de l'assemblée générale annuelle des betteraviers, mercredi à Paris.

La loi de finances rectificative pour 2003, votée en première lecture à l'Assemblée nationale, ouvre la voie à "l'utilisation de l'éthanol en mélange direct à l'essence", explique la CGB. Jusqu'à présent, l'éthanol devait être associé à l'isobutylène, un sous-produit du raffinage du pétrole, sous forme d'ETBE (éthyl-tertio-butyl-éther), incorporé dans l'essence jusqu'à un taux de 1O%.

L'éthanol, ou alcool éthylique, est aujourd'hui produit à partir de betteraves (70%) et de blé (30%). Dans l'avenir, les proportions devraient être inversées: 30% de betteraves et 70% de blé, selon Alain Jeanroy, directeur général de la CGB.

La consommation d'éthanol, qui a crû régulièrement de 1992 à 1997 avec la mise en route progressive de trois unités de production d'ETBE, a plafonné depuis pour atteindre environ 1,15 million d'hectolitres soit, en tonnage, environ 0,7% de la consommation française en essences.

Autre bonne nouvelle pour les betteraviers: l'exonération partielle de TIPP (taxe intérieure sur le produits pétroliers) sur l'éthanol, également adoptée le 4 novembre par les députés.

Mais, pour développer l'éthanol, les betteraviers comptent surtout sur la Loi d'orientation sur les énergies, qui doit être adoptée en 2004 afin de fixer le cadre énergétique de la France pour les 30 prochaines années.

La France doit transposer en droit français, avant fin 2004, une directive européenne fixant, pour les parts de marché des biocarburants et autres carburants renouvenables, un objectif de 2% du gazole et de l'essence consommées en 2005 et 5,75% en 2010.

"Remplacer 5,75% de notre consommation d'essence par de l'éthanol est un objectif tout à fait réaliste pour l'agriculture française", souligne la CGB.

"En 2010, ajoute-t-elle, la mobilisation d'environ 14% des surfaces actuelles en betteraves et d'environ 6,5% des surfaces actuelles en blé suffirait à produire les quantités nécessaires d'éthanol pour atteindre un taux d'incorporation de 5,75%".

Pour atteindre cet objectif, deux projets d'usine d'éthanol --pouvant chacune produire par an 2,5 à 3 millions d'hectolitres pour un investissement de 150 M EUR pour chacune-- sont prévus par les groupes coopératifs Union USDA-Béghin Say à Origny, en Picardie, et Cristal-Union dans le département de la Marne.

Concernant la réforme du réglement européen sur le sucre qui doit s'appliquer à partir de juillet 2006, la CGB se battra sur trois grands principes, a-t-elle dit: "maintenir un sytème de quotas, maintenir une préférence communautaire, sauvegarder des courants à l'exportation".



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