Canicule Un million de poulets morts cette semaine en France

AFP

PARIS, 8 août (AFP) - Environ un million de poulets sont morts cette semaine en France, victimes de la canicule, ce qui a amené la Confédération Française de l'Aviculture (CFA) à demander au gouvernement que les 25.000 éleveurs de ce secteur puissent bénéficier de la procédure des calamités agricoles.

"Environ un million de poulets sont morts cette semaine à cause de la canicule contre 3 à 400.000 les semaines précédentes", a déclaré vendredi à l'AFP Alain Melot, président de la Fédération des Industries Avicoles (FIA).

Plus de 60.000 poulets des élevages de l'entreprise Ducs de Bourgogne ont succombé à la canicule depuis samedi dans l'Yonne, où la température a atteint un record de 41,1°C mercredi, et dans l'Aube.

Le groupe Gastronome d'Ancenis (Loire-Atlantique) a estimé pour sa part sa perte pour cette semaine "à plus de 100.000 têtes", selon son président Claude Jotreau.

Vingt-quatre millions de volailles et lapins, dont la moitié de poulets, sont abattus chaque semaine en France, selon Christian Marinov, directeur général de la CFA.

Outre la Bourgogne, les régions les plus touchées sont les Pays de Loire, le Centre et la Bretagne, selon Francis Ranc, directeur du développement du groupe Doux, basé à Chateaulin (Finistère).

De nombreux éleveurs ont pompé dans la nappe phréatique pour arroser leurs bâtiments d'élevage et ont acheté des turbines, afin de créer des courants d'air et améliorer le bien-être des animaux.

Mais pour les lapins, "qui ne transpirent pas, sauf par les oreilles et le museau, l'arrosage ne sert à rien", explique le directeur de la CFA. Autre conséquence: "à cause de la chaleur, les volailles grossissent moins et ont pris une semaine de retard dans leur développement, ce qui devrait entraîner, avec la mortalité actuelle, une pénurie fin août-début septembre et une tension sur les prix", selon le président de la FIA.

Par grosse chaleur, les Français et les touristes étrangers préfèrent consommer du poulet plutôt que des grillades de boeuf.

Après une embellie en 2000 et 2001, en raison de la crise de la "vache folle", la production avicole française a subi depuis deux ans un ralentissement de la consommation et a du affronter une concurrence étrangère (brésilienne et thaïlandaise pour les poulets, italienne pour les dindes) de plus en plus sévère.

Cette situation a amené la Confédération Française de l'Aviculture à demander, dans un communiqué, "que des mesures d'urgence soient mises en oeuvre par les pouvoirs publics et les établissements bancaires pour permettre aux producteurs de faire face aux difficultés financières" et que "la procédure des calamités agricoles soient pleinement ouverte aux éleveurs avicoles et cunicoles".

Il existe bien une assurance "coup de chaleur" mais celle-ci coûte cher et très peu d'éleveurs avicoles pourront en bénéficier, souligne le directeur de la CFA.



© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Contenu pour vous