50e congrès des Jeunes agriculteurs « Des OP et interprofessions plus fortes pour des filières plus rémunératrices »

Terre-net Média

Pour son rapport d’orientation 2016, Jeunes agriculteurs a choisi de débattre de la structuration des filières pour qu’elles soient davantage « perspectives d’avenir ». Selon eux, les filières ne seront davantage rémunératrices que si les interprofessions et les OP en sont les maillons forts.

Au congrès de Jeunes agriculteurs à Macon, les jeunes installés ont débattu pendant de nombreuses heures de leur rapport d'orientation.Au congrès de Jeunes agriculteurs à Macon, les jeunes installés ont débattu pendant de nombreuses heures de leur rapport d'orientation. (©Terre-net Média)

Difficile, pour Jeunes agriculteurs, de dégager des propositions très concrètes sur la question de la structuration des filières pour qu’elles soient plus rémunératrices. La plupart des participants au 50e congrès du syndicat, organisé du 31 mai au 2 juin à Mâcon, savaient que le sujet retenu pour leur traditionnel rapport d’orientation était « complexe ».

Les jeunes agriculteurs relèvent que certaines filières agricoles fonctionnent bien, citant en exemple celles des oléoprotéagineux et de l’AOP Comté. Mais pour les autres, le syndicat souligne un « manque de stratégie collective ». La filière viande bovine en est l'illustration parfaite. A l’instar de l’appel de la FNB auprès des éleveurs de bovins viande pour se réapproprier la commercialisation de leurs animaux, JA estime que les agriculteurs doivent « reprendre en main la distribution des produits agricoles pour répondre à la demande des consommateurs et surtout retisser des liens avec les citoyens », dans un contexte où les agriculteurs sont les premiers à subir les conséquences des attaques environnementalistes et scandales sanitaires.

Les OP et interpros, maillons forts des filières

Surtout, le développement de filières profitables aux producteurs passe par une meilleure gouvernance. Deux instances doivent, selon JA, en assurer le bon fonctionnement : les interprofessions et les organisations de producteurs.

Dès les premières pages de son rapport, JA pointe du doigt l’inéquité du financement des interprofessions, citant l’exemple du Cniel, financé à 73 % par les producteurs de lait. Une participation financière sans incidence positive sur le pouvoir décisionnel des producteurs.

Mais le syndicat salue l’un des points forts des interprofessions : la communication. C’est un « rare sujet qui semble faire consensus aujourd’hui au sein des filières »

Pour les filières d’élevage, la meilleure structuration passe inévitablement par un meilleur fonctionnement de la contractualisation. Et JA rêve d’organisations de producteurs fortes. « La négociation doit être une mission centrale de l’OP. » Des AOP régionales par filière pourraient ainsi assurer plusieurs missions régaliennes, comme « la structuration de l’offre pour répondre à la demande », « la distribution des volumes à produire aux porteurs de projets », « la transparence des transactions ».

Des pactes alimentaires régionaux

Mais à sujet complexe, sources de tensions ! En matière de construction des prix, JA évoquait l’idée, dans son rapport initial avant débat, de « mettre en place un indicateur lié au surcoût lié à l’installation ». Tenir compte des coûts d’installation des jeunes dans la fixation des indicateurs de prix n’est pas une idée inintéressante. Mais elle n’a pas passé l’épreuve du débat, faute de consensus entre participants après près d’une heure d’échanges.

D’un point de vue plus politique, la question de la répartition de la marge au sein des filières  passera, selon JA, par la mise en place de « pactes alimentaires régionaux ». Ces derniers, négociés avec les entreprises et les élus, devraient permettre de développer des débouchés durables dans la restauration collective hors domicile, pour des « achats de produits durables ».

« Les interprofessions devront être le bras armé de ces pactes alimentaires, ont expliqué Aurélien Clavel, Florian Salmon et Vincent Touzot, les trois rapporteurs. Les interprofessions devront organiser la confiance et la transparence entre acteurs, représenter les filières et promouvoir les produits, gérer les différents marchés notamment celui du carbone, investir dans la R&D, mettre en place des standards qualité. »


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous