Accords de libre-échange La Confédération paysanne a occupé le siège social de Cargill

Afp

Plusieurs dizaines de militants de la Confédération paysanne ont occupé mercredi pendant plusieurs heures le siège du géant de l'agroalimentaire Cargill, dans les Yvelines, pour protester contre les accords de libre-échange Ceta et Tafta en négociations, a-t-on appris de sources concordantes.

Devant le siège de Cargill, la centaine de militants de la Confédération paysanne mobilisés.Devant le siège de Cargill, la centaine de militants de la Confédération paysanne mobilisés. (©Confédération paysanne)Les militants sont entrés vers 9h dans le siège social de l'américain Cargill, poids lourd du négoce et de la transformation des matières premières agricoles, situé à Saint-Germain-en-Laye, a rapporté à l'Afp Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat agricole minoritaire. « On est une petite centaine de militants, on occupe les locaux et surtout la salle des marchés. On a bâché la façade avec une banderole qui dit "Stop Tafta, Ceta, Hollande, Juncker, Obama, ne livrez pas les paysans et citoyens aux multinationales" », a-t-il ajouté.

La préfecture des Yvelines a pour sa part recensé une cinquantaine de militants. La fin des négociations sur le Ceta, accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, doit être entérinée vendredi à Ottawa. Cette étape avant tout symbolique permettra de lancer le processus de validation de ce texte de 1.500 pages, qui sera rendu public puis soumis aux parlements des États membres, qui devront l'approuver.

De nombreuses voix s'élèvent contre certaines dispositions de cet accord, largement vu comme un test pour celui en cours de négociations avec les Etats-Unis, le Tafta. « Ce genre d'accord ne profite qu'aux multinationales, dont Cargill est un symbole », a poursuivi Laurent Pinatel. « Le Canada va nous envoyer 65.000 tonnes de viande bovine par an, ça va faire chuter les cours en France, et ça passe par des négoces de type Cargill », a-t-il insisté.

La Confédération Paysanne a levé son action après avoir obtenu un rendez-vous vendredi avec le directeur de cabinet de Matthias Fekl, secrétaire d'État au Commerce extérieur, puis « en fin de semaine prochaine » avec M. Fekl en personne, selon Laurent Pinatel. Elle entend lui demander « l'arrêt des négociations » sur le Tafta. 

De son côté, Cargill « condamne ce type de blocage » et estime que « c'est aux représentants de l'Union Européenne et à leurs partenaires commerciaux d'apporter des réponses à la Confédération Paysanne » et non à l'entreprise. Dans son communiqué, la société américaine souligne toutefois que pour elle « le commerce international et le libre accès aux flux d'importations et d'exportations sont essentiels à l'équilibre entre l'offre et la demande » et « permettent le mouvement des produits et des services des zones excédentaires vers les zones déficitaires ».


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