Sécheresse et irrigation (mis à jour le 29 juin 2011) La Fnsea à l'Ump : « 1 à 1,5 milliard d’euros est nécessaire pour un plan cohérent de stockage de l’eau »

Terre-net Média

Venu conclure un débat sur la gestion de l’eau face à la sécheresse, mardi 28 juin 2011 à Paris, Xavier Beulin a estimé de 1 à 1,5 milliard d’euros le montant de l’enveloppe nécessaire pour réaliser un plan cohérent de stockage de l’eau en France. Devant les députés et sénateurs Ump invités à prendre part au débat, les représentants agricoles ont souligné l’absence de volonté politique, depuis vingt ans, pour stocker l’eau, et l’importance de développer la recherche génétique.

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Les représentants syndicaux ont souligné l'absence
de volonté politique en faveur du stockage de l'eau.
 (© Terre-net Média)

A l’heure où plus de la moitié des départements français sont soumis à des restrictions d’usage de l’eau, la gestion de la ressource en eau était en débat, mardi 28 juin 2011 à Paris. Co-organisé par l’Apca, la Fnsea, JA, les irrigants de France et Orama, le colloque « sécheresse : arrêtons de gaspiller l’eau » a d’abord permis de mettre d’accord tous les représentants agricoles présents sur un « triste » constat : « l’absence de volonté politique, depuis 20 ans, en faveur d’un plan de stockage de l’eau. »  

« Cela fait des années que nous débattons du sujet en disant qu’il faut créer des retenues collinaires. Résultat : nous faisons les débats, et nos voisins européens créent leur stockage », a ironisé un agriculteur irriguant.

« Aujourd’hui, on peut compter les projets en cours pour la création de retenues d’eau sur les doigts d’une seule main, a insisté Xavier Beulin, président de la Fnsea, devant quelques parlementaires Ump ayant répondu à l’invitation, dont Eric Diard, député et secrétaire national à l’environnement. Si l’eau venait à manquer pour les besoins des particuliers, il y aurait sans doute un peu plus de tapage sur la question. »

Augmenter les possibilités d’irrigation de 8 %

D’où l’accueil favorable, mais prudent, des représentants agricoles concernant le plan quinquennal « de création ou de rétablissement d’ouvrages de gestion de l’eau » annoncé par Nicolas Sarkozy le 9 juin lors de son déplacement en Charente. 

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Selon Xavier Beulin, les agricutleurs ont
besoin d'une hausse de 8 % des
possibilités d'irrigation. (© Terre-net Média)

Selon Xavier Beulin, il s'agit de créer, dans le cadre de ce plan, « 300 Mm³ de stockage supplémentaire réparti sur l’ensemble des zones où l’eau manque de manière récurrente, pour un coût de 1 à 1,5 milliard d'euros ». « Cela représente 8 % du pompage actuel de l’eau », a ajouté le syndicaliste.  

Reste que la question budgétaire ne sera pas l’unique obstacle à la création de retenues. « Il faut absolument revoir la législation en la matière », ont insisté les représentants syndicaux. Celle-là même qui, selon eux, a laissé des projets de création dans les cartons. « Si nous ne modifions pas la loi, faire du stockage d’eau restera administrativement très compliqué », a admis Michel Raison, député Ump de Haute-Saône.

La génétique pour consommer moins

 

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Pour Sylvie Brunel, l'irrigation sera
l'un des facteurs clés du développement
de l'agriculture, en France et dans
le monde. (© Terre-net Média)

En attendant que la solution du stockage de l’eau ne se concrétise sur le terrain, les agriculteurs en appellent unanimement à la recherche. « La sélection variétale nous a permis d’avoir des plantes bien moins sensibles au stress hydrique », a rappelé Gérard Tropato, responsable agronomie chez McCain Europe.

« Parmi les leviers pour faire face à la sécheresse, il y a notamment la génétique tolérante au stress hydrique, les stratégies d’esquive avec par exemple le décalage des semis dans le temps, ou encore l’optimisation de l’eau dans les systèmes de culture », a confirmé Jean-Paul Bordes, responsable du département recherche et développement d’Arvalis-Institut du végétal.

« Mais l’essentiel de ces leviers sont déjà à notre disposition. Ces dernières années, nous avons amélioré l’efficience de l’irrigation de plus de 30 % ! » Selon lui, la génétique reste la principale piste à explorer.

Pour Sylvie Brunel, géographe et économiste, et grand témoin de ces débats, « le changement climatique est en réalité le changement de la variabilité de la disponibilité en eau. » « Il y a eu la révolution agricole au 20e siècle. Le 21e siècle verra celle de l’irrigation. »

 

Le stockage, meilleure solution à la pénurie d’eau selon 36 % des agriculteurs

Selon un sondage Ifop pour la Fnsea, 36 % des agriculteurs touchés par la sécheresse pensent que le développement de capacités de stockage de l’eau constitue la meilleure solution à la sécheresse. Vient ensuite, pour 30 % de ces agriculteurs, le développement de nouvelles variétés résistantes à la sécheresse. 23 % d’entre eux pensent qu’il faut d’abord modifier les pratiques culturales avec des cultures moins gourmandes en eau. 7 % seulement considèrent qu’il s’agit d’abord d’améliorer encore l’efficacité de l’irrigation.

Interrogés sur le niveau de rendement envisagé en 2011 par rapport à l’an passé, les céréaliers et polyculteurs sont 68 % à prévoir des rendements inférieurs d’au moins 10 % par rapport à 2010. Un quart de ces producteurs envisagent une baisse de 30 à 60 % de leurs rendements. A l’inverse, 7 % d’entre eux pensent réaliser une meilleure récolte que l’an passé.

 

 

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