[Pandémie] E. Macron Pour une coopération mondiale sur la «santé humaine, animale et l'environnement»

AFP

Le président Emmanuel Macron a appelé mardi à une « coopération internationale » sur la « santé du vivant », réconciliant « santé humaine, animale et celle de l'environnement », en clôture d'une série de conférences scientifiques menées par le groupe de réflexion sur l'agriculture de demain, Planet A. (Article mis à jour le 9 décembre 2020 à 8h57)

« L

a pandémie mondiale est une sonnette d'alarme », a déclaré le président dans un discours filmé et pré-enregistré, diffusé en clôture des « agritalks », une série de conférences scientifiques menées par le réseau de réflexion sur l'avenir de l'agriculture Planet A. Ses propos interviennent après l'annonce le 12 novembre lors du Forum de Paris pour la Paix, de la création d'un conseil international d'experts de haut niveau baptisé « Une seule santé » (« One health ») - sur le modèle du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) - sous l'égide notamment de plusieurs agences de l'ONU (OMS, FAO) et de l'organisation internationale de la santé animale (OIE), basée à Paris.

Dans la « chaîne biologique » qui unit la « santé des hommes, des animaux et des écosystèmes », les agriculteurs sont les « garants » de « la santé du vivant », a déclaré le président, en estimant nécessaire une « approche transversale qui englobe santé publique, santé animale, et santé de la planète à toutes les échelles, locales, nationales, et planétaires ». « Votre engagement à penser l'agriculture et la planète de demain est essentiel », a dit le président aux participants, scientifiques, médecins, agronomes, agriculteurs, spécialistes de l'élevage, de l'environnement, etc. « Nous avons réussi à nourrir la France, et l'Europe, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, nous avons aujourd'hui à réussir une transition qui est au moins aussi ambitieuse, nourrir de mieux en mieux, nourrir en préservant la biodiversité, nourrir en gagnant la bataille contre les dérèglements climatiques dans le respect des agriculteurs, de notre agriculture et des consommateurs citoyens ».

« Il faut arrêter de penser discipline par discipline » avait estimé Thierry Lefrançois, directeur du développement « systèmes biologiques » au Cirad, durant les débats. « Il est clair qu'il y a un lien entre perte de la biodiversité, déforestation et santé », a-t-il ajouté, en évoquant les origines de la pandémie. « Le concept "santé unique" a été créé à l'ONU en 2010, mais 10 ans après, nous n'avions pas beaucoup avancé, et la pandémie est venue apporter le lien entre les différents éléments en soulignant la nécessité d'institutionnaliser la démarche », a ajouté Jean-Pierre Rennaud, président du conseil scientifique de Planet A, ancien président de Montpellier Supagro, spécialiste de l'environnement, dans un entretien avec l'AFP.

« Nous n'avions pas encore beaucoup de leviers d'actions, le fait que le président tienne à booster la dynamique inter-États est un vrai signal », a-t-il estimé. « À Planet A, nous essayons d'apporter un peu de visibilité et de recettes pour passer du pourquoi au comment, en particulier en travaillant sur les territoires et la relocalisation de la nourriture », a-t-il ajouté. Planet A, lancé à Chalons-en-Champagne en 2018 par le député et ancien ministre Benoist Apparu, a l'ambition de devenir un Institut des hautes études agricoles sur le modèle de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Une première promotion d'une douzaine d'auditeurs est sortie cette année.


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