Au Salon de l'agriculture Sarkozy : « Il y a urgence à aider les agriculteurs et à changer de président »

AFP

Paris, 2 mars 2016 (AFP) - Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains, a estimé mercredi au Salon de l'agriculture qu'« il y a urgence à aider les agriculteurs et à changer de président. »

« Je ne sais pas si c'est le hasard, mais depuis que François Hollande est arrivé, on est passé du 3e rang d'exportateur mondial au 5e. On est passé de 10 milliards d'euros d'excédent de la balance commerciale à 8 milliards », a dénoncé l'ancien président, qui veut « stopper cette dégradation ».

Nicolas Sarkozy est arrivé à 7 h 30 et a débuté sa visite par un petit-déjeuner avec des représentants de la FNSEA, principal syndicat agricole, dont son président Xavier Beulin. En tout, il a passé près de sept heures porte de Versailles.  Il a déambulé toute la matinée dans les stands sans rencontrer de manifestation d'hostilité, recevant au contraire un accueil chaleureux du public, de nombreux visiteurs se bousculant pour le voir ou le prendre en photo.

Commentant la visite mouvementée de François Hollande samedi , Nicolas Sarkozy a jugé qu'« en démocratie, la violence n'est jamais une bonne chose ». Il a cependant souligné qu'« il y a une désespérance, une angoisse très préoccupante ». « Je n'avais jamais vu la France dans un tel état de stress. La question que nous posent les agriculteurs et les Français c'est "est-ce que la France va pouvoir continuer à exister". C'est un problème identitaire absolument central. Et c'est pour ça que je veux prendre le temps avec mes amis d'écouter des compliments, parfois des critiques, pour essayer de trouver des solutions ». Il a de nouveau demander la levée de l'embargo russe. « La Russie, c'est 10 % des exportations agricoles », a-t-il dit.

Interpellé par un producteur céréalier de la Moselle, inquiet pour l'avenir, Nicolas Sarkozy a rappelé que s'il était élu, « dès juillet 2017, il y aura(it) deux projets de loi simultanés, un à l'Assemblée nationale sur les économies des dépenses publiques, l'autre au Sénat sur une baisse des charges ». « Il faut jouer à fond sur la compétitivité, ce qui implique une baisse massive des charges et un immense mouvement sur les normes », a-t-il dit. « C'est un choix de vie ou de mort ».

Nicolas Sarkozy a également souhaité que les négociations du traité de libre-échange transatlantique (Tafta) « ne soient pas dans les mains exclusives de la commission (européenne) et d'un commissaire (Phil Hogan, NDLR) dont la légitimité n'est pas établie ». « Les négociations doivent être conduites sous la responsabilité du Conseil européen. C'est aux chefs d'Etat et de gouvernement de prendre leur responsabilité », a-t-il ajouté.

Aux représentants de la filière porcine qui lui reprochaient d'avoir signé le pacte écologique de Nicolas Hulot en 2007, Nicolas Sarkozy a répondu : « c'était une façon de céder à une pensée unique qui, au fond, représente très peu de gens, des gens que les médias adorent mais qui ne représentent pas grand-chose. Je me suis dit qu'il fallait réconcilier consommateurs et producteurs, alors qu'on sortait de polémiques sur la qualité de la viande. Il y avait une défiance fantastique. C'était ça, le contexte de l'époque ». « Le Grenelle de l'Environnement a été très utile en termes d'image. Pour vous, pas pour moi. Je vous demande de ne pas l'oublier », a-t-il également affirmé aux agriculteurs.

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