Salon de l'agriculture Face aux agriculteurs en colère, la pire inauguration pour François Hollande

Terre-net Média

Huées, sifflements, bousculades et stand du ministère de l'agriculture "démonté" : c'est dans la douleur que François Hollande a inauguré l'édition 2016 du salon de l'agriculture samedi 27 février. A plusieurs reprises, les agriculteurs en difficulté ont manifesté leur colère. Dans le hall 1, les banderoles aux messages de détresse des éleveurs resteront pendant toute la durée du salon.

François Hollande s'est rapidement fait hué dans les allées du Salon de l'agriculture. François Hollande s'est rapidement fait huer dans les allées du Salon de l'agriculture. (©Terre-net Média)  

Ambiance au salon de l'agriculture ! François Hollande inaugure l'édition 2016 sous les sifflets et les huées :

S uivez en direct l'inauguration du Salon de l'agriculture par François Hollande via le compte twitter de notre journaliste Arnaud Carpon :

Au Salon de l'agriculture samedi 27 février 2016, c'est, de loin, l'accueil le plus mouvementé qu'a eu droit un président de la République ces dernières années. Aussitôt descendu de son avion le ramenant d'Amérique du Sud, François Hollande, les traits quelque peu tirés, savait que sa visite de la plus grande ferme de France pouvait être chahutée. Habituellement bien fournis, les services d'ordre, ont encore été renforcés cette année.

Dès son entrée dans le hall 1 à 6h45, à quelques pas de #Cerise, la star bazadaise de cette édition 2016, François Hollande a été accueilli par les leaders syndicaux. La FNSEA et Jeunes agriculteurs ont donné le ton en expliquant toute la détresse des agriculteurs, et ce, malgré les mesures de baisse et de report de charges sociales MSA annoncées quelques jours auparavant. Le syndicalisme majoritaire a remis au chef de l'Etat les 13 questions-revendications pour sortir les agriculteurs, et plus particulièrement les éleveurs, des difficultés économiques .

Mais le ton est monté d'un cran lors de son passage dans ce hall 1. Les éleveurs venus avec leurs animaux ont fortement sifflé le cortège exécutif. Sur les stands de plusieurs races, élus et visiteurs peuvent lire plusieurs messages de détresse. "Je suis éleveur, je meurs". "Je suis le top de la qualité française, mais ma passion ne suffit plus".

"Démission !" Sous les sifflets et les huées de nombreux éleveurs, François Hollande et Stéphane Le Foll ne se sont pas éternisés comme l'an dernier dans les travées des races bovines. Mais les bousculades ne remettront pas en cause sa visite. Le Président veut discuter avec tous les représentants de toutes les filières : viande bovine, lait, porc, mais aussi pêche, grandes cultures et viticulture... La gravité de la situation agricole et la tension sont très palpables.

Le stand du ministère démonté

Alors que le chef de l'Etat discute avec les représentants de la filière pêche, le bruit de sifflets se fait de plus en plus insistant à l'autre bout du hall 4 : des agriculteurs, à l'appel de la FDSEA et des JA d'Ile de France, qui avaient déjà manifesté devant le siège de FranceAgriMer, démontent le stand du ministère de l'agriculture. En préférant du mobilier en carton, le ministère avait anticipé d'éventuelles actions à son encontre. Sous pression, les forces de l'ordre interviennent et embarquent deux agriculteurs, « dont l'un est maire de sa commune », rapporte Christophe Hillairet, le président de la Chambre d'agriculture d'Ile-de-France. L'incident échauffe les esprits chez les agriculteurs en colère. Il faudra l'intervention du président de la FNSEA Xavier Beulin, une bonne demi-heure plus tard, pour ramener le calme devant le stand, après négociation avec le préfet de police.

La réaction de Xavier beulin, président de la FNSEA, aux échauffourées :

A l'écart, le chef de l'Etat et Stéphane Le Foll s'entretiennent avec d'autres responsables de filière dans une salle de réunion, au dessus du stand. A 12 h, ils y sont encore. François Hollande devait signer, sur le stand du ministère, un livre d'or des étudiants d'AgroParisTech, l'école d'ingénieurs agricoles. Il le signera en catimini, sans revenir dans la foule. C'est par la petite porte que François Hollande quitte le parc expo de la Porte de Versailles, vers 12 h 30.

Les échauffourées, huées et sifflets, de cette importance, seraient bien une première au salon de l'agriculture. Habituellement, et c'était le cas les années précédentes, la "pause syndicale" avait toujours été respectée. Même s'il y a toujours eu, et malheureusement, une ou plusieurs filières en difficulté, le Salon de l'agriculture avait toujours été le lieu de l'apaisement syndical, du moins pendant une semaine. Mais la tension palpable de cette inauguration n'est qu'un témoignage de plus de la détresse et de la colère des agriculteurs.


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