[Reportage] Suppression du glyphosate Sur les Champs-Elysées, la manif’ surprise pour dénoncer la politique de Macron

Arnaud Carpon, avec AFP Terre-net Média

[Mise à jour à 11h44] Dès 6h30 ce vendredi 22 septembre 2017, environ 250 agriculteurs du bassin parisien ont bloqué les Champs-Elysées en y étalant de la paille et en déposant un conteneur, à quelques encablures du Palais de l’Elysée, pour dénoncer les choix agricoles d’Emmanuel Macron, au premier rang desquels la position française de ne pas renouveler le glyphosate. Quelques représentants d'agriculteurs emmenés par Damien Greffin, président de la FDSEA d'Ile-de-France, ont été reçus à 9h par Audrey Bourolleau, la conseillère agricole d'Emmanuel Macron, tandis que Nicolas Hulot en personne est venu directement sur le lieu de la manifestation pour parler aux agriculteurs.

Environ 250 agriculteurs du bassin parision ont bloqué pendant plus de deux heures l'avenue des Champs-Elysées à Paris, pour protester contre la politique agricole et environnementale d'Emmanuel Macron. Environ 250 agriculteurs du bassin parisien ont bloqué pendant plus de deux heures l'avenue des Champs-Elysées à Paris, pour protester contre la politique agricole et environnementale d'Emmanuel Macron. (©Terre-net Média)

[Vidéo] Damien Greffin:« Macron tue les agriculteurs »

A l'appel des FDSEA et Jeunes agriculteurs d'Ile-de-France, mais aussi du Loiret, de l'Oise, de l'Eure et de l'Eure-et-Loir, environ 250 agriculteurs sont venus bloquer en voiture l'avenue des Champs-Elysées, à quelques encablures du palais de l'Elysée. Ils y ont étalé de la paille pour s'y allonger dessus, à proximité d'un conteneur placé à l'entrée de l'avenue sur lequel était écrit « Soja argentin : OGM ».

Il s'agissait pour les agriculteurs de protester contre la possibilité d'importer des produits agricoles traités avec des herbicides comme le glyphosate, alors même que la FNSEA craint que le gouvernement interdise unilatéralement l'emploi de tels herbicides en France. « Emmanuel Macron veut être le M. Propre du monde mais il est le fossoyeur de l'agriculture », a déclaré Frédéric Arnoult, président des Jeunes agriculteurs d'Ile-de-France. « Comment on peut vouloir vendre du rêve aux Français sur une alimentation saine, alors qu'on nous enlève nos moyens de production ? », a-t-il ajouté.

Vers 9 h, une délégation de représentants d'agriculteurs, emmenée par Damien Greffin, le président de la FDSEA d'Ile-de-France, a été reçue à l'Elysée par Audrey Bourolleau, conseillère agricole d'Emmanuel Macron.

Quelques minutes plus tard, Nicolas Hulot est venu en personne parler aux agriculteurs toujours présents sur l'avenue des Champs-Elysées.

« Je ne suis pas là pour emmerder l'agriculture »

« Je suis ouvert à la discussion et, peut-être que vous ne me croyez pas, mais j’ai les mêmes objectifs que vous, a d'abord expliqué le ministre de la transition écologique et solidaire. D’abord la priorité, c’est que économiquement vous retrouviez de la stabilité, de la confiance et de la sécurité. Rien ne se règle pour autant en une demi-heure. Il faut prendre du temps, laisser tomber les postures, croiser nos objectifs, prendre en compte vos situations, regarder l’ensemble de la chaîne et mettre chacun devant ses responsabilités. La deuxième chose : je ne veux prendre aucun risque avec la santé. Je ne suis pas scientifique donc je ne vais pas affirmer des choses simplement de ma boule de cristal. Seulement je ne veux pas me retrouver dans quelques années, responsable devant la justice parce qu’on aura su les choses mais qu’on n'aura pas pris nos responsabilités. »

Et le ministre d'insister : « Le seul message que je voulais vous passer ce matin : je ne suis pas un dogmatique, pas là pour emmerder l’agriculture, voilà. » Avant de préciser sur la question du glyphosate : « C’est une chose de dire on ré-autorise pour dix ans. On sait bien pourtant qu’avec cette formule, on se revoit dans dix ans et rien n’aura changé ».

En juillet dernier, la Commission européenne a proposé le renouvellement pour dix ans de la licence du glyphosate qui expire fin 2017. Le vote sur l'autorisation de cet herbicide, le plus répandu en Europe, pourrait avoir lieu le 5 ou 6 octobre au sein d'un comité d'experts. La France a annoncé qu'elle voterait contre la proposition de la Commission. Elle a une position-clé car une majorité qualifiée est requise.


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