; Campagne de communication pour les légumineuses

Production, consommation Une campagne d'envergure pour encourager l'essor des légumineuses

Terre-net Média

Lancée la semaine dernière, la campagne de communication « une idée légumineuse » met en avant les légumineuses, leur diversité et leurs bienfaits nutritionnels pour inciter les Français à en consommer deux fois par semaine. Elle est majoritairement financée par le plan protéines, qui vise à lever les freins à la production et à encourager la consommation.

Co-financée par le plan protéines et la Fiac, la FNLS, Interfel et Terres Univia, la campagne Co-financée par le plan protéines et la Fiac, la FNLS, Interfel et Terres Univia, la campagne "une idée légumineuse" fait la promotion des légumineuses dans l'assiette. (©Pixabay/Idée légumineuse) 

Pour inciter à consommer davantage de légumineuses, une campagne de communication, « Une idée légumineuse », vient d’être lancée par quatre organisations de la filière : Terres Univia (l’interprofession des huiles et protéines végétales) la Fiac (Fédération des industriels des aliments conservés), la Fédération nationale des légumes secs (FNLS), et Interfel (interprofession des fruits et légumes frais). D’un montant de 1,4 M€, le dispositif est financé à 80 % par le plan protéines.

Trois publics sont ciblés : les familles à travers des recettes mises en avant par la publicité et un kit scolaire pédagogique, les professionnels de la restauration collective, et les professionnels de la nutrition et de la santé

L’objectif est ambitieux, puisqu’il s’agit de faire passer la consommation française de légumineuses de 2 kg/an/habitant aujourd’hui à 4 kg/an/habitant, un niveau qui correspond au niveau moyen de consommation en Europe. Si les bienfaits nutritionnels des légumineuses sont mieux connus qu’il y a quelques années, un travail de pédagogie est nécessaire pour aider la restauration collective et les familles à cuisiner ces aliments. Pour autant, l’intérêt du consommateur se confirme, notamment depuis le confinement et la crise sanitaire, qui a encouragé les Français à retourner en cuisine : « cela fait 50 ans que je fais ce métier, et c’est la première fois que les légumes secs sont vraiment mis au goût du jour », témoigne Alexandre Cherki, président de la FNLS.

Des vertus agronomiques

Cependant, la croissance de la consommation doit nécessairement s’appuyer sur celle de la production. Du point de vue agronomique, la culture de légumineuses répond à l’enjeu d’évolution des modèles agricoles vers une agriculture plus résiliente, plus durable. Une grande diversité est déjà cultivée en France : haricots secs, lentilles, fèves, lupins, pois chiches, pois cassés, et parmi les avantages de ces plantes figure, en premier lieu, leur capacité à fabriquer l’azote nécessaire à leur développement. « Les légumineuses permettent de diversifier les assolements et d’allonger les rotations », contribuant à une meilleure résilience aux ravageurs et aux maladies, explique Antoine Henrion, président de Terre Univia. En outre, « un certain nombre de ces plantes sont mellifères », ajoute-t-il.

Dans le contexte actuel de flambée des prix des engrais et de l’énergie, les légumineuses apportent une solution en permettant jusqu’à 30-50 % d’économie d’azote pour la culture d’après, ce qui contribue à rendre le système agricole plus compétitif, explique Antoine Henrion, mais « ce ne sera pas un remède à tous les maux », ajoute-t-il.

Côté production, des freins qui restent à lever

Le plan protéines, qui fait partie du plan France Relance, vise à doubler la surface française de cultures riches en protéines végétales à horizon 2030, passant à 2 millions d’hectares soit 8 % de la surface agricole utile. Aujourd’hui, la France, plus gros producteur européen, produit à peine 1 million de tonnes de protéines végétales (contre 6 Mt en Europe, et près de 90 Mt dans le monde). A titre de comparaison, le Canada produit 3,5 Mt de lentilles par an, avec une sole de légumineuses qui dépasse 10 % de la SAU.

La production française est confrontée à différents problèmes, au niveau des itinéraires techniques mais aussi de la structuration de la filière. « La question des moyens de production se pose, quand d’autres pays ont accès à des molécules interdites chez nous », explique Antoine Henrion. Ainsi, les ravageurs, qui se développent plus facilement à la faveur du climat tempéré français, engendrent des problèmes de qualité sur les légumes secs. « On va vers le biocontrôle, des itinéraires techniques avec associations de production, mais pour certains créneaux et filières, il faut du temps et des moyens. C’est tout l’objet du plan protéines », ajoute le président de Terres Univia.

Le plan met en place des leviers en faveur de l’innovation et de la recherche, alors que le manque de variétés constitue l’une des faiblesses de la filière qui manque de variétés endurantes face au climat, face aux ravageurs, et répondant aux exigences de qualité gustative qui se développent. L'amélioration des connaissances, en particulier pour les producteurs, à travers des références et un accompagnement technique, des investissements dans les exploitations, fait également partie des axes du plan. Des financements sont également déployés pour la structuration des filières de protéines végétales et l'investissement en aval, visant entre autres à l'émergence de filières territoriales partout en France.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous

Terre-net Média