Reims (Marne) Une marche de soutien à l'agriculteur poursuivi pour tentative de meurtre

AFP

Environ 600 agriculteurs ont manifesté jeudi matin à Reims (Marne) leur soutien à une demande de remise en liberté d'un agriculteur poursuivi pour tentative de meurtre sur un voleur de carburant présumé, a constaté un journaliste de l'AFP.

« Ras le bol des vols », « Libérez Jean-Louis Leroux », « Stop à l'insécurité » pouvait-on lire sur les banderoles déployées à proximité de la cour d'appel par des agriculteurs de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricole) de la Marne, initiatrice du rassemblement, de l'Aube et de viticulteurs du Syndicat général des vignerons (SGV). Un important dispositif de sécurité a été déployé autour des manifestants.

Victime d'une quarantaine de vols rien qu'en 2019 sur son exploitation d'Ambrières entre Vitry-Le-François (Marne) et Saint-Dizier (Haute-Marne), l'agriculteur de 46 ans avait tiré au fusil à plomb dans la nuit du 31 janvier au 1er février sur un groupe de voleurs présumés de gasoil, blessant grièvement au ventre un jeune homme de 19 ans, appartenant à la communauté des gens du voyage et aujourd'hui toujours dans le coma selon son avocat.

« Jean-Louis Leroux incarne ce que tout le monde vit dans l'agriculture et la viticulture » explique Hervé Lapie, président de la FDSEA de la Marne qui vient de lancer une cagnotte solidaire en ligne pour accompagner financièrement l'agriculteur et sa famille. « Il faut remettre de l'ordre dans nos campagnes » estime quant à lui Maxime Toubard, président du SGV. « On alerte depuis longtemps » complète Joël Lhospital, président de la FDSEA de l'Aube.

Jeudi matin, lors de l'audience de la chambre de l'instruction, l'avocat général Jacques Louvier ne s'est pas opposé à la remise en liberté de l'agriculteur déposée par l'avocat rémois Gérard Chemla, principalement parce que l'agriculteur a trouvé un hébergement de sa famille, loin de la ferme où s'est produit le drame. Le parquet de Reims n'avait pas retenu de son côté la légitime défense, « en l'absence d'élément de proportionnalité à ce stade de l'enquête ». « Nous n'avons pas d'éléments sur l'intention homicide », a plaidé de son côté Me Chemla, tandis que Me Thomas Hellengrand et Arthur De La Roche, pour la mère et le père de la victime, considéraient l'agression comme un véritable « guet-apens ». La décision de la chambre de l'instruction, doit être rendue dans le courant de l'après-midi jeudi.


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