Mobilisation agricole nationale avant de nouvelles consultations à Matignon

Mobilisation agricole nationale avant de nouvelles consultations à Matignon
(©Compte X @Coordinationrur)

« Il y a une forme d'incompréhension et de défiance vis-à-vis de la parole publique. Ce dont nous avons besoin, ce sont des actes, des décisions qui se voient dans les cours de ferme », a déclaré sur TF1 Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, reçu à 17h30. Les annonces du gouvernement ont jusque-là été jugées insuffisantes pour répondre aux multiples crises auxquelles les agriculteurs font face.

Sébastien Lecornu réunit à 11h30 les ministres concernés par les questions
agricoles. Une douzaine de membres du gouvernement ont été conviés. Le gouvernement avait promis ces derniers jours un arrêté pour empêcher d'importer en France des produits agricoles sud-américains (avocats, goyaves, mangues mais aussi cerises, melons...) traités avec des substances chimiques interdites dans l'Union européenne.

« Nous avons besoin de décisions qui se voient dans les cours de ferme »

L'arrêté, attendu mardi, ne figure pas au Journal officiel du jour et le ministère de l'Agriculture n'a pas répondu aux questions de l'AFP.  Il sera finalement publié mercredi, a précisé le ministère de l'agriculture à l'AFP.

La perspective que l'accord de libre-échange UE-Mercosur soit signé dans les prochains jours, comme le souhaite la Commission européenne, est un « chiffon rouge », pour Arnaud Rousseau, « de nature à (entraîner) des mobilisations agricoles plus importantes. Mais à ce stade, nous appelons à des actions en territoire ».

Même son de cloche chez ses alliés des Jeunes agriculteurs reçus lundi à Matignon, qui ont promis un rassemblement le 19 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg en cas de signature. Les ministres européens de l'agriculture seront mercredi à Bruxelles pour une réunion spéciale sur le Mercosur mais aussi sur la politique agricole commune (Pac).

« Cortèges pacifiques »

En revanche, le ton de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole habitué des opérations coup de poing, est monté d'un cran lundi à la sortie de Matignon. Son président Bertrand Venteau s'est insurgé contre l'interdiction, par arrêté préfectoral dans la majeure partie de la France, des convois de tracteurs qu'il prévoyait d'envoyer à Paris pour « porter pacifiquement » les « doléances des agriculteurs ».

Il a maintenu son appel à « monter » sur la capitale et la CR espère l'arrivée de ses cortèges à compter de jeudi, a-t-elle précisé à l'AFP. Des agriculteurs venus de Corse ont pu « débarquer du ferry », a indiqué mardi le syndicat. Des convois sont aussi partis de Dordogne, des Landes, de Gironde et du Lot-et-Garonne. Un convoi de véhicules et de tracteurs s'est élancé de Cancon dans le Lot-et-Garonne, escorté par une voiture de gendarmerie.

« On n'est pas des bandits, mais on ne va pas se laisser marcher dessus (...). On va rouler (...). On veut juste porter nos revendications là-haut à
Paris. On travaille pour vivre et on ne nous fait pas vivre. La seule et unique action, c'est de monter à Paris. (...) On sait déjà qu'on va être sûrement bloqués, mais tant pis, on passera de force », a déclaré le président de la CR 47 José Pérez.

« Ne rien lâcher »

Bertrand Venteau a assumé de ne vouloir « rien lâcher » notamment sur le sujet des abattages de l'intégralité d'un foyer à partir du moment où un cas de dermatose nodulaire contagieuse y est détecté. Deux nouveaux cas ont été recensés en Ariège la semaine dernière malgré une vaccination presque totale du département, l'immunité mettant plusieurs semaines à se construire et n'empêchant pas entre temps les contaminations.

La fin de l'abattage total est aussi une demande de la Confédération paysanne, reçue à Matignon à 19h00 et qui a été, avec la CR dans le Sud-Ouest un moteur de la contestation, ravivée début décembre par la gestion de la crise sanitaire par l'État.

Plusieurs routes ont été bloquées lundi avec des tracteurs malgré les interdictions de déplacements d'engins agricoles parfois déjà en vigueur dans certaines régions. Mardi matin la gendarmerie dénombrait encore au moins cinq blocages d'autoroutes (A75, A64, A51N dans la zone Sud, A65 dans le Sud-Ouest et A84 dans la zone Ouest).

Plusieurs agriculteurs avaient fait part à l'AFP de leur intention de passer la nuit sur les barrages. À Calais, tracteurs et agriculteurs avaient installé un barrage filtrant pour contrôler des marchandises sortant du port afin d'attirer l'attention sur les distorsions de concurrence selon eux entre les produits importés et les produits européens.

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