Projet ActiSurTT de l'Irstea Finis les accidents de retournement en quad !

Terre-net Média

Chaque année, la Msa recense 80 accidents liés à l'utilisation des quads, et parmi eux, des retournements. Dans le cadre de son projet ActiSurTT, l'Irstea a mis au point un dispositif anti-retournement pour quad et travaille plus généralement à l'évaluation de la stabilité des automoteurs agricoles. Explications.

projet ActiSurTT de l'Irstea : système anti-retournement sur quadLa sécurité anti-retournement pour quad sera plus compact dans sa version définitive. Il s'agit ici d'une version destinée à la recherche avec des systèmes de validation des mesures. (©Terre-net Média)

A l'occasion des journées mobilité en milieux naturels, organisées à Montoldre dans l'Allier (03), l'Irstea (*) a présenté une sécurité anti-retournement pour quad. Le principe est assez simple : des capteurs (gyromètre, capteur d'angle et radar doppler) évaluent le risque de retournement de l'engin, et si les conditions deviennent dangereuses pour le chauffeur, un moteur électrique l'incite à ralentir en rendant la manette des gaz plus difficile à actionner. Le niveau de sensibilité de la sécurité est réglable, le niveau de tolérance du risque peut-être repoussé ou abaissé.

Une sécurité à moins de 100 €

sécurité anti-retournement sur QuadLe moteur électrique bloquant l'accélération si besoin.
(©Terre-net Média)
D'ici la fin du printemps, ce dispositif va être intégré sur une pré-série de quads destinés à quelques centres de formation, pour valider l'intérêt réel de cet équipement auprès du grand public.

L'étape suivante, attendue d'ici un an, étant la proposition du système en 2ème monte.

Le coût de ce système est évalué à 500 euros sur la pré-série, mais l'objectif est de proposer au final un dispositif anti-renversement à moins de 100 euros.

A noter, si le système paraît très encombrant sur le prototype (voir photo d'ouverture), il faut préciser qu'il est accompagné de nombreux équipements servant à valider la justesse des mesures. Le dispositif anti-renversement en lui-même sera beaucoup plus compact.

plus de 75 accidents mortels

Cette solution concrète s'inscrit dans le projet ActiSurTT de l'Irstea, qui vise plus généralement à développer des solutions pour la sécurité des tracteurs et autres automoteurs en environnement tout-terrain, capable de :

  • s'adapter à la diversité des situations de travail ;
  • anticiper les risques de perte de contrôle ;
  • interagir avec le chauffeur ;
  • être compatible avec le marché concerné.

Un projet dont l'importance est justifiée par le nombre de retournements de machines agricoles : environ 100 cas tous les ans, et plus de 75 accidents mortels entre 2005 et 2008.

PAS DE PRISE DE CONTRÔLE TOTALE

« Le principe du système développé sur le quad est adaptable sur d'autres machines agricoles, avec le joystick de contrôle. L'intérêt c'est qu'on prévient le chauffeur sans ajouter un affichage de plus à surveiller en cabine » explique Roland Lenain, chargé de recherche pour l'Irstea. Car une autre problématique de ce projet est d'avertir le chauffeur sans créer de panique ou d'énervement, une alarme n'est donc pas le plus adapté. 

machine à vendanger Grégoire G7La machine à vendanger Grégoire G7 (©Terre-net Média)

Deux bémols ont été émis par les chauffeurs interrogés : le système doit être fiable, sans tendre vers la paranoïa (alarme qui se déclencherait très fréquemment) et le conducteur doit garder la main sur la conduite à tout moment. 

C'est le choix qui a été fait avec l'ActiSurTT : avertir le conducteur des situations dangereuses en le laissant maître de son véhicule (pas de prise de contrôle totale par l'électronique).

Pour finir, un autre exemple de ce projet : la campagne de mesures sur la machine à vendanger Grégoire G7.240 initialisée en juin 2011. Le risque de retournement est évalué à partir de la pression dans les vérins (surveillance du transfert de charge) qui contrôlent la garde au sol et l'assiette du véhicule.

Comment évaluer le risque de retournement ?

Il y a trois types de facteurs qui déclenchent le retournement :

  • ceux liés à la machine : stabilité, centre de gravité...
  • ceux liés à l'environnement : pente, dévers, nature des sols...
  • ceux liés au chauffeur : conduite, vitesse...
Pour mesurer le risque, les chercheurs disposent de plusieurs indicateurs. Voici deux exemples :
  • le transfert de charge latérale : 
    il correspond à la répartition de la charge sur la machine et varie de - 1 (les roues à gauche décollent) à 1 (les roues à droite décollent) ; le seuil de dangerosité est fixé à 0,8.
  • le Zmp (Zero moment point) :
    par définition : le "Zmp est le point du sol pour lequel la dynamique du véhicule décrit un mouvement plan sur plan". La position du Zmp indique la prédisposition de la machine à se renverser. S'il est positionné à l'intérieur du polygone de sustentation de la machine (surface au sol ou l'engin repose en équilibre, ndlr), alors la situation est stable. 

tracteur Renault retournéLa Msa recense 100 retournements de machines agricoles tous les ans. (©Irstea)

Irstea : Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture.

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