[Interview] Loi Macron Kubota : « Ce dispositif va impacter notre business model, c'est certain ! »

Terre-net Média

En 2015, Kubota a installé une nouvelle usine de production à Bierne dans le nord de la France. Un pari risqué puisque le marché des agroéquipements est particulièrement morose. Dans ce contexte, la loi Macron, et la possibilité de suramortir de 40 % les investissements matériels, est-elle un atout dans la stratégie de commercialisation ? Réponses de Jean-Philippe Monchicourt, directeur des ventes France pour la division tracteur Kubota.

Jean-Philippe Monchicourt, directeur des ventes France pour la division tracteur KubotaJean-Philippe Monchicourt, directeur des ventes France pour la division tracteur Kubota (©Kubota)

Terre-net (TN) : Pouvoir suramortir de 40 % ses investissements en matériel, est-ce une réelle opportunité pour les agriculteurs ?

Jean-Philippe Monchicourt (JPM ): C'est une opportunité si l'exploitant agricole est assujetti à un régime d'imposition classique et s’il réalise des bénéfices.

Pour nous, c'est un levier en plus pour inciter nos clients à acheter un nouveau matériel. Et pour eux, c'est le moyen de faire une économie d'impôt supplémentaire.

TN : Quelles sont, selon vous, les exploitations les plus concernées ?

JPM :  Toutes sont concernées dès lors qu’elles sont, comme je l’ai précisé, assujetties à un régime classique et en situation de bénéfices.

TN : Avez-vous d’autres produits ou offres pour les fermes qui ne peuvent pas prétendre à cette mesure ?

JPM:   Nos solutions financières permettent d'accompagner toutes les fermes et de s'adapter à leur activité.

TN : Quelles informations ou consignes avez-vous données à votre réseau de distribution ?

JPM :  Nous leur avons transmis trois types d’informations. Des informations internes détaillées sur le principe de la loi, son champ d'application, son mécanisme et ses impacts extracomptables. Mais aussi des outils et des supports ainsi qu’un appui du partenaire financier.

TN : Combien de ventes supplémentaires cela pourrait-il générer ? Y-aura-t-il d’autres impacts ?

JPM :  Il s’agit plus d'un facilitateur de vente, d'un argument supplémentaire pour inciter les exploitants à investir. Ce dispositif va impacter notre business model, c'est certain.

Mais si les ventes augmentent, cela n’est pas seulement imputable à la loi Macron. En effet l’avantage fiscal s’intègre dans notre stratégie commerciale. C’est un outil parmi d’autres pour atteindre nos objectifs. A première vue, il sera difficile de mesurer son impact sur nos actions commerciales.

TN : La fin de cet avantage fiscal au 14 avril 2016 est-elle une contrainte pour vous ?

(JPM ): C'est à la fois une contrainte et une opportunité.

Une contrainte car le délai pour bénéficier de la mesure est très court Or, toute nouvelle disposition économique demande un temps d'assimilation avant de pouvoir être exploitée de manière opérationnelle. Une démarche pédagogique est nécessaire pour pouvoir récolter le fruit des efforts fournis.

Enfin, ce suramortissement exceptionnel est une opportunité puisqu’il servira d’ "électrochoc". Nos distributeurs, nos clients et nous-mêmes devons être réactifs pour profiter du dispositif avant qu'il ne soit trop tard.

TN : Souhaitez-vous préciser d’autres points ?

JPM : Il faudrait communiquer davantage, et de façon plus pédagogique, auprès des exploitants agricoles comme des distributeurs de la marque.


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