; Amazone et BASF combinent trois technologies pour cibler le traitement

BASF/Amazone Smart Sprayer : la pulvérisation ultra-ciblée qui combine trois technologies

Olivier Joly Terre-net Média

Fin juin, Amazone a dévoilé son pulvérisateur Smart Sprayer à Auneau, en Eure-et-Loir. L'appareil combine trois technologies ayant pour objectif de traiter de manière ultra-localisée. Emmanuel Lévêque, chef produit de la marque, détaille le dispositif.

Amazone Smart SprayerLes images prises par les caméras installées sur les rampes sont analysées pour différencier la culture et les adventices. (©Terre-net Média) 

Terre-net (TN) : Quel est le concept du pulvérisateur Smart Sprayer ?

Emmanuel Lévêque (EL) : La machine embarque des capteurs détectant la présence d’adventices par la combinaison de trois technologies : Bosch pour le traitement des images, BASF avec la plateforme Xarvio Field Manager et le pulvérisateur Amazone afin de traiter le plus précisément possible.

TN : Concrètement, comment le système fonctionne-t-il ?

E.L. : La caméra positionnée sur la rampe capte des images. Celles-ci sont analysées. S'ensuit une reconnaissance de la culture et, par déduction, de l’adventice. Puis on définit des seuils au-delà desquels le système ordonne à la buse de se mettre en route en fonction de la taille et du nombre de mauvaises herbes sur sa trajectoire. 

TN : Comment le système distingue-t-il la culture d'une adventice ?

E.L. : Avant de démarrer, on indique la culture sur laquelle on intervient, son stade et l’écartement entre les rangs. Une fois paramétrée, la machine détectera la culture et enlèvera ce qu'on ne veut pas conserver.

TN : Sur quelles cultures le système s’emploie-t-il ?

E.L. : À l'heure actuelle, Smart Sprayer est opérationnel sur le maïs, la betterave et le tournesol. D'ici peu, devraient s'ajouter le colza, le coton... Chaque culture nécessite une mise au point car la technologie repose sur l'analyse d’images et de l’intelligence artificielle. Un cycle d'apprentissage est indispensable (NDLR : le Deep Learning) pour qu'elle maîtrise la reconnaissance de la culture. On ne peut pas tout faire d'un coup !

TN : Peut-on supprimer l'intégralité des mauvaises herbes et dans quelle mesure diminue-t-on l’usage d'herbicides chimiques ?

E.L. : Le système détecte les mauvaises herbes dès que leur taille atteint 6 mm. Cibler immédiatement les plus petites herbes n'est pas forcément pertinent. A chacun de définir sa stratégie ! Concernant la réduction de la consommation d’herbicides chimiques, la réponse est vague : tout dépend du niveau d'infestation de la parcelle. Sans oublier les conditions de sécheresse ou non de l'année en cours. Lors des tests que nous avons réalisés, nous avons mesuré des économies pouvant atteindre 70 %, mais la variabilité est importante.

TN: Quelles sont les contraintes de Smart Sprayer sur les pulvérisateurs que vous fabriquez ?  

E.L. : Tous les constructeurs conçoivent des rampes rigides mais légères. Or les capteurs et les éléments d’éclairage augmentent leur poids. La tâche est donc plus compliquée pour les systèmes de suivi du terrain. Par ailleurs, on demande au pulvérisateur de faire le contraire de ce qu'il faisait auparavant. Jusque là, on pulvérisait de manière homogène dans toute la parcelle. Dans les parcelles accidentées ou quand la rampe est instable, l'outil cherche à être le plus près possible de la dose souhaitée. Ce qui induit d'avoir du recoupement plus important entre les buses. D'où le fait que sur un modèle Smart Sprayer, il y ait deux fois plus de buses que sur une machine standard. Elles sont quasiment taillées pour de la pulvérisation en bandes et appliquent 100 % de la dose en limitant le recouvrement. Du coup, la sécurité antérieure liée au recouvrement n'existe plus ! Il faut donc être très précis au niveau du suivi du terrain par la rampe.

TN : Smart Sprayer permet-il de travailler avec des pulvérisateurs à une ou deux cuves ?

E.L. : De loin, un pulvérisateur à une cuve ressemble à un appareil standard sauf qu'il embarque des caméras et autres capteurs. La cuve embarque la bouillie et les rampes bénéficient de buses installées tous les 25 cm. L'outil travaille donc en mode localisé, ou de façon classique pour de la fertilisation azotée. Toutes les applications n'ont pas vocation à être réalisées en localisé, leur mode d'action étant différent.  Il est même possible d'effectuer un passage supplémentaire ou d'installer une seconde cuve sur la machine. Dans ce cas, le travail est combiné en un seul passage grâce aux modes d’application qui correspondent à chacun des deux produits.


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