L’agriculture 2.0 « L’outil agira en fonction des données reçues en temps réel »

Terre-net Média

Bayer CropScience, à l’occasion d’une journée d’échanges avec ses distributeurs, a souhaité explorer le sujet des évolutions technologiques en agriculture. Entre futur lointain et applications déjà disponibles, la digitalisation est au cœur des préoccupations du moment. Quelles en sont les promesses ?

Vibro crop KongskildeCapable de biner et prochainement de semer, le Vibro Crop, alimenté par des batteries se rend seul à la parcelle et travaille en autonomie, grâce à un guidage Gps et un guidage optique pour la reconnaissance du rang. (©Kongskilde)La machine doit être capable de transformer les données, qu’elle reçoit d’une autre, en actions. » Bruno Bonnell, président d’Awabot, spécialiste en robotique, insiste sur l’enjeu principal du déploiement du numérique en agriculture . Pour certains, la question reste futuriste. « Ceux qui s’étonnent encore du téléguidage, alors qu’il date déjà de 2002, doivent être conscients que l’iPhone ne date que de 2007, l’iPad de 2010. A quelle vitesse se sont-ils déployés ?! Tout va extrêmement vite aujourd’hui dans ce domaine. Avant d’acheter, il est possible aujourd’hui d’attendre la prochaine version, tellement elles se succèdent rapidement. Pour l’agriculture, la moisson automatique existe déjà aux Etats-Unis. Elle coûte encore beaucoup trop cher mais c’est déjà une réalité. »

Christelle Gee de l’Inra, Umr agro-écologie, évoque d’ailleurs quelques applications travaillées par l’institut. « Nous avons un projet de détection des adventices à partir d’imagerie aérienne. Une carte d’infestation pourrait se transformer en carte de pulvérisation pour commander la localisation du produit . » A l’étude, un robot muni d’un kit de pulvérisation, après réception des préconisations, se déplacera dans les parcelles pour procéder au traitement. Une caméra de détection des adventices, avec action en temps réel sur l’ouverture des buses quand elles sont présentes, est également en projet.

Coordonner les outils

Loïc Lepoivre de John Deere rejoint Bruno Bonnell pour expliquer que l’autoguidage, faisant aujourd’hui partie des équipements de base des tracteurs, appartient déjà au passé en matière d’efforts de recherche et développement. « Nous nous concentrons aujourd’hui sur la télémétrie et l’agriculture de coordination avec trois fondamentaux : la connectivité toutes marques , l’intégration de partenaires, la sécurisation des données. » Le client est propriétaire de ses données. « Il peut cependant choisir de les envoyer à qui il veut, sa coopérative, la mairie… tout peut être imaginé. » Bruno Bonnell avertit que la vigilance doit viser la question de la cybersécurité plutôt que la protection des données. « La loi est là pour protéger les données d’utilisateurs mais pas contre les pirates informatiques. »

Agriculture de précision

Tobias Menne, directeur digital farming de Bayer, revient sur l’objectif ultime d’aboutir à l’interopérabilité. Des appareils, munis de capteurs, capables d’analyser les conditions environnementales spécifiques à un champ à un moment donné, enverront ces données à un récepteur qui transmettra une commande d’actions aux matériels en fonction de ce contexte précis. « La cartographie des nématodes dans une parcelle par exemple pourrait commander une modulation au semis pour que les variétés résistantes ou bénéficiant d’un traitement de semences ne soient positionnées qu’aux endroits où elles sont nécessaires. Il est également testé une modulation de la dose de fongicide en fonction du niveau de biomasse ou des données météo acquises en temps réel. S’agissant des adventices, le défi reste celui de l’identification. Plutôt facile dans l’inter-rang, la différenciation de la culture et de l’adventice sur le rang, reste très compliquée, surtout de façon automatisée. »

Des capteurs seront positionnés là où le besoin existe d’une collecte de données. Aujourd’hui, la quantité de données collectées reste faible puisqu’il faut avant tout se poser la question du besoin. « Quelles données pour quels usages, quelles applications ? » Les premières applications cherchent à simplifier la vie de l’utilisateur, comme de lui éviter d’avoir à saisir plusieurs fois les mêmes informations.

Aujourd’hui seulement 14 % des agriculteurs qui demandent des cartes de préconisation satellite ou drone font de la modulation. Mais l’iPad n’existe que depuis 2010… 


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